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LA CHAUGE DE MAITRESSE DD ROI

chances de devenir reine d'Angleterre, il refusa de lui accorder un fauteuil dans leurs entrevues; et Sophie d'écrire : " Cela me fait pitié pour l'amour de lui » (mai 1711).

Ce formalisme le mena à d'autres excès, plus ridicules encore. Je veux parler de la charge de " maîtresse du roi » , qui fut exercée iiominalemeni par la comtesse de Wartenberg. On connaît l'humble origine de cette « petite grisetle d'Eramerich M sur le Rhin, que Kolbe avait épousée pour régulariser une ancienne liaison, et dont la vanité n'avait d'égale que la méchanceté. « La Kolbe » , comme disait Dohna, a été fort maltraitée par tous ses contemporains. Pœllnitz dit qu'elle n'avait ni naissance, ni esprit, ni beauté; peut-être exagèret-il, car la duchesse Sophie accorde qu'elle était « plus belle que laide » ; mais celte « oie grasse » , amusante un instant par son babillage hollandais, n'était qu'une parvenue vulgaire, crainte de son mari qu'elle terrorisait, et de ses femmes de chambre qu'elle battait; prête à disputer la préséance à toutes les dames de la cour, débauchée d'ailleurs et passant d'un amant à l'autre : un des plus connus fut lord Raby, ambassadeur d'Angleterre. Cette femme, peu digne des faveurs d'un roi, fut choyée par Frédéric qui, durant des années, vint la voir chaque jour par un escalier dérobé, lorsqu'il ne se promenait pas avec elle dans un petit jardin, arrangé tout exprès à l'intérieur du château de Berlin. Les mauvaises langues ont parlé d'un enfant qui, en 1700, aurait appelé l'électeur Pa/;ac/ze/i petit papa) . Il est néanmoins certain, car les preuves abondent (témoignages des deux principaux intéressés, rapportés par Pœllnitz, témoignages de Christophe de Dohna, de la duchesse Sophie, etc.), que Frédéric ne fut jamais l'amant de la comtesse. Il faut donc supposer que celle-ci remplissait seulement un office de cour : elle était maîtresse en titre et le resta jusqu'à la disgrâce de son mari.

Le roi était, du reste, faible de constitution et peu passionné; il avait le cœur froid et n'aima beaucoup personne. Quand Sophie Charlotte mourut en 1705, il parut accablé pendant les premiers mois : il ne cessait de parler de la chère

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