LES TESTAMENTS DU GRAND ÉLECTEUR
mai 1688, fat créclicter ua nouveau cérémonial, et d'ordonner une année de deuil (l'rauerjahrj, sans musique dans les égalises, en mémoire de son père ; il préparait en même temps au défunt de splendides funérailles, qui eurent lieu en septembre, et où parada, en brillant uniforme, le corps nouveau des grands mousquetaires. Son petit-fils a dit méchamment qu'il s'était consolé plus tard de la perte de Sophie Charlotte par le faste de ses obsèques, et qu'il aurait peut-être été persécuteur s'il y avait eu des cérémonies à joindre aux persécutions
Avec de pareilles dispositions, il ne devait tolérer aucune atteinte à ses droits. Or, après de nombreux testaments en faveur de ses enfants du premier lit, l'électeur Frédéric Guillaume en avait rédigé dans le même esprit de plus récents, où il n'oubliait aucun de ses fils du second lit. Ce sont les deux testaments du 8 février 1680 et du 26 janvier 1686, dont Droysen a étudié l'histoire et discuté longuement la portée. Le premier, que Louis XIV (c'était au temps de l'alliance française) était chargé de faire exécuter, instituait, il est vrai, le prince électoral héritier universel, mais attribuait à ses frères d'importantes dotations, la principauté de Minden au margrave Louis, dernier enfant du premier lit, celle d'Halbersiadt avec le comté de Reinstein à Philippe Guillaume, le comté de Ravensberg à Albert Frédéric, le comté de Naugardt avec Massow, Lauenbourg, Bûtow et Draheim, à Charles Philippe, VAmt Egeln à Christian Louis; bien que le futur électeur dut rester souverain do ces territoires, qui seraient administrés en son nom, l'acte apportait néanmoins de sérieuses restrictions à son autorité. Frédéric, qui l'avait signé au dos en 1681, avait été informé du contenu par Rébenac. L'autre testament avait été confié à l'Empereur, vu la nouvelle orientation diplomatique. Il était presque identique au précédent : malgré la réserve expresse de tous les droits de souveraineté du futur électeur, et certaines précisions propres à augmenter la dépendance de ses frères puînés, il n'en établissait pas moins de véritables apanages féodaux,