ARRANGEMENTS DE FAMILLE
et violait en quelque mesure la loi fondamentale de succession de la Maison, la Consiituilo Achillea de 1473 (1).
Le 17 mai 1688, Frédéric III fit ouvrir et lire le testament en sa présence dans son conseil secret; les minisires durent ensuite donner par écrit des avis motivés, en conformité desquels l'électeur se décida à casser purement et simplement le testament paternel. Il se jugeait garanti contre toute action impériale par le fameux « Revers » de 1686, la promesse faite secrètement de restituer à l'Autriche après son avènement le cercle de Schwiebus (2) ; il est probable que cette considération pesa, en effet, dans la balance, et empêcha la cour de Vienne de protester. Quant à ses frères, plus directement intéressés, ainsi que sa belle-mère Dorothée, Frédéric chercha à s'entendre avec eux à l'amiable; il invoquait contre le texte du dernier testament paternel les idées bien connues du Grand Électeur qui, dans un acte de 1667, avait formellement préconisé l'indivisibilité de son Etat. Il alléguait aussi la Disposido Achillea et le pacte de Géra de 1598. La mort de Dorothée (août 1689) devait faciliter un arrangement, les demi-frères de l'électeur étant des gens d'humeur douce et conciliante. L'affaire traîna pourtant plusieurs années. En vertu d'une convention de Potsdam (13 mars 1692) due à l'intercession du duc de Saxe-Zeitz, beau-frère du margrave Philippe Guillaume, celui-ci, en qualité d'aîné des enfants du second lit, reçut pour lui et sa postérité une pension de 24 000 thalers et en outre, pour lui personnellement, le gouvernement de Magdebourg; il fut en même temps maintenu dans la possession de Schwedt et Wildenbruch que ses descendants devaient conserver jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. Avec les autres frères, l'accord se fit moyennant 12 000 thalers de pension à chacun, c'est-à-dire le double de la dotation prévue par le pacte de Géra.
L'annulation du testament paternel, dès le début de son
(1) L'électrice Dorothée n'était pas oubliée et recevait un legs considérable.
(2) Cf. Histoire de Prusse, I, 553-554-. L'Empereur ayant fait rappeler la chose par son ambassadeur, Frédéric déclara qu'il tiendrait ses engagements.