‹ Histoire de PrusseChapitre 111 sur 410 · LE KRONPRIISZ FRÉDÉRIC GUILLAUME · texte numérisé non relu

LE KRONPRIISZ FRÉDÉRIC GUILLAUME

telle la toile de Schoonjans, au château de Charlottenbourg^, où il apparaît, à quatorze ans, en David, les bras et la poitrine nus, paré plutôt que vêtu de draperies flottantes. Sa g^rand'mère Sophie, qui le reçut à Hanovre en 1700, le dépeint ainsi : « Il a la fig^ure qu'on donne en peinture aux petits anges. ...J'avoue que je suis amourachée de sa Dilection, car je n'ai rien vu de plus gentil de ma vie. Il est un peu fort, mais j'espère qu'il s'effilera en grandissant. .. Il paraît de très bonne santé et a une quantité de cheveux blonds; lorsqu'ils sont frisés, il a l'aspect de Cupidon dans les tableaux» . Sophie ajoute qu'à douze ans il parle comme un homme de trente, et elle vanteson amabilité etsesmanières obligeantes. Le jeune prince s'était bien surveillée Hanovre et il fit de même en Hollande, auprès de Guillaume III d'Orange, auquel il laissa le meilleur souvenir. Toland, qui le vit en 1702, disait qu'il avait « un air mâle avec toute la beauté et la modestie d'une fille « . Il conservait pourtant au fond sa nature rude, presque brutale; son plus grand plaisir était de commander deux compagnies de cadets qu'on lui confia de bonne heure, ou d'aller chasser au petit château de Wusterhausen, donné par son père; là seulement, dans la solitude des plaines boisées et coupées de cours d'eau qui s'étendent au sud de Berlin, il se sentait chez lui et à l'aise. Il y dressait déjà ses gentilshommes à le servir et se délectait des produits de sa terre, même du vin aigre de son vignoble. Sa mère, qui l'aimait tendrement, aurait voulu adoucir ses mœurs et affiner son esprit, fût-ce par la galanterie, à condition que son amour ne portât « sur rien de bas (l) » ; elle n'y réussit pas

Le mariage ne le changea guère. Sa femme, une cousine germaine, Sophie Dorothée de Hanovre, qu'il épousa en novembre 1706, était une gentille princesse, d'humeur douce et patiente, de goûts modestes, qui se montra heureuse des gâteries du roi, son beau-père, à Berlin, et de l'amour de son mari. « Elle n'est pas si belle que la feue reine » , écrivait la

(1) Le billet à Dohna, où apparaît cette iilée, est, il est vrai, d'une authenticité douteuse.

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