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LES MINISTRES DU ROI

Nul autre sous ce règoe n atteig^nit à pareille faveur, et ni Paul Antoine de Kameke, grand-maitre de la garde-robe, ni son cousin, le conseiller secret, n'héritèrent absolument de l'influence de Wartenberg. Parmi les charges de cour, créées ou modifiées au temps de Frédéric I", il faut citer celle de grand-maître des cérémonies, dont Jean de Besser devint titulaire en 1701, et celle de grand-maître des armoiries ('Oier- Heroldsmeister), donnée en 1706 à Jean- Auguste Marschall de Biberstein; ce sont là créations significatives.

Il serait fastidieux de passer en revue tous les personnages qui jouèrent un rôle à la cour du premier roi de'Prusse, je me bornerai aux plus érainents.

On connaît déjà Paul Fuchs, diplomate et homme d'État, qui avait servi sous le Grand Électeur et s'était acquis par son expérience une réelle autorité ; l'Empereur l'éleva en 1702 à la dignité de baron d'Empire; son esprit cultivé l'avait rapproché de Sophie Charlotte qui correspondait avec lui amicalement, et le pleura lorsqu'il mourut en 1704. Le plus influent des ministres était peut-être Henri Rûdiger Ilgen, originaire de Minden, laborieux commis, promu peu à peu au rang de conseiller secret réel, et anobli en 1701. Il était doué d'une rare intelligence, et son portrait par le graveur Otto montre une physionomie spirituelle que n'alourdit pas trop une énorme perruque noire. Très versé dans les questions diplomatiques, Ilgen dirigeait depuis 1699 la politique extérieure et passait pour « seul maître du secret » fPœlhntz). Sa finesse était taxée de fausseté par les agents étrangers ; un résident hanovrien, Heusch, le qualifiait en 1 703 « d'homme dangereux et méchant « ; tout le monde, en revanche, s'inclinait devant sa capacité, et Leibniz a laissé de lui le plus bel éloge : « M. Ilgen, secrétaire d'État, est le seul qui expédie les choses. Il a un talent admirable pour mettre tout par écrit, en latin, français, allemand. Aussi ne lui corriget-on rien, et on ne lui dit pas même ce qu'il doit mettre; on lui dit simplement de faire une lettre ou réponse à un tel, de faire une instruction pour un ministre, sans lui dire

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