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MODES ET IISFLUENCES FRANÇAISES

fluence de la cour de Hanovre, à laquelle on emprunta l'habitude, lors d'un mariage, de commander les robes à Paris : ainsi, en 1700, pour Louise Dorothée Sophie, comme autrefois pour Sophie Charlotte, et en 1706 pour Sopiiie Dorothée. La langue française jouissait d'une prépondérance marquée sur les autres langues étrangères, parfois même sur l'allemande. Si l'on voit Louise Dorothée Sophie excuser son mari en 1704 d'avoir adressé au roi une lettre on français, et si personnellement Frédéric I" préférait l'allemand, Sophie Charlotte ne voulait employer que le français; elle l'avait fait apprendre à son fils qui l'écrivait admirablement, et son plus grand plaisir était de faire jouer devant elle les chefsd'œuvre de Corneille, Racine et Molière. Le roi eut lui-même, de 1706 à 1711, une troupe française, dirigée par du Rocher, « intendant des plaisirs de Sa Majesté » . Un pamphlet du temps : « l'Esprit des modes germano-françaises» (1) critique cette manie, et cite comme passés en proverbe deux vers constatant l'impossibilité de parvenir à la cour, si l'on ne sait le français. « Tout » , y est-il dit, » doit être français, langue, vêtements, mets, ustensiles de ménage, danses, musique, maladies et je crains bien que cela ne finisse par une mort française » . Plus tard, le grand Frédéric disait plaisamment que des dames allèrent alors jusqu'à faire venir leurs maris d'outre-Rliln : allusion à Mme de Canitz qui épousa en troisièmes noces le baron de Larrey, après s'être fiancée par correspondance. On avait beau faire, d'ailleurs, ei singer en tout la France, on ne pouvait changer les caractères. Les gens de la cour de Berlin « sont froids » , écrivait La Rosière, « et on ne les échauffe qu'à force d honnêtetés ; ils sont un peu pédans ; c'est pourquoi il ne faut pas des airs trop cavaliers avec eux " .

Les distractions étaleiît variées. Promenades en carrosse ou en traîneau, croisières en bateau sur la Sprée, chasses au vol, à courre ou à tir, dans les forêts de la Marche et de Prusse,

(1) Dcr texUsch-ficnzosisclc Modenyeist, de 1689.

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