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LE PLAISIR DE LA CHASSE

tels étaient les principaux plaisirs en plein air. A diverses reprises le roi fit construire à grands frais en Angleterre et en Hollande des yachts et des galères ; on les amenait à Berlin en remontant l'Elbe, la Havel et la Sprée, et on les amarrait en face du château. Le plus connu de ces navires de plaisance est la Libia-nica, exécutée en 1704 sur les plans du peintre Michel Maddersteeg, qui était en même temps ingénieurconstructeur; Frédéric Guillaume, pour s'en débarrasser, en fit un jour cadeau à Pierre le Grand. Frédéric lui-même, du reste, n'aimait guère l'eau. Son sport favori était la chasse. Il en tenait le goût de son père, et bien que physiquement il semblât peu fait pour s'y livrer, il en supportait les fatigues avec une résistance étonnante. Au printemps, il chassait à tir le coq de bruyère aux environs d'Oranienbourg, puis au vol le héron, soit à Potsdam, soit à Lehnin ; en automne, il poursuivait cerfs et sangliers, surtout à Wollup dans la région de Giistrin. Adroit tireur, il faisait de véritables hécatombes : il a raconté plus d'une fois ses prouesses à la duchesse Sophie, notamment en 1708 et 1710 où il tua une centaine de cerfs en quelques semaines. On a conservé quelques-uns de ses fusils, armes très ornées, pesantes, et souvent à mécanisme compliqué; on a aussi conservé quelques trophées, comme les bois magnifiques d'un cerf à soixante-six cors, abattu en 1696 (l). Le service de la vénerie était luxueusement organisé, avec plusieurs équipages et tout un personnel, sous un grand veneur qui avait trop souvent le tort de négliger la destruction des animaux nuisibles. Les loups et les ours pullulaient encore, en Prusse surtout, et lorsqu'on en avait capturé, on les faisait combattre (parfois avec des aurochs), ou on les chassait à courre dans des arènes, élevées tout exprès à Berlin et à Kœnigsberg. Le roi ne se borna pas à ces exhibitions : il eut des ménageries avec toutes sortes d'animaux, jusqu'à de grands fauves.

(i) C est sans cloute au garde qui lui avait procuré ce beau coup de fusil qu'il fit cadeau des 40 000 écus dont parle Frédéric II dans les Mémoires de Biaiidehouiq.

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