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POLITIQUE EXTÉRIEURE. — I/AFFAIRE RADZIWILI

• règne, prouvait que Frédéric III plaçait au-dessus de tout

rintérét de son État. Il se trouva d'ailleurs, qu'à part la question d'héritage, il n'aurait, pour faire triompher ce principe, qu'à suivre les voies tracées par le Grand Électeur. Il s'y appliqua de son mieux. Les démarches diplomatiques des premières semaines montrèrent que la politique extérieure, inaugurée depuis quelque temps, serait continuée et poussée à ses conséquences extrêmes. Non seulement l'alliance défensive du Brandebourg et des États Généraux fut renouvelée le 30 juin 1688, mais des négociations furent engagées avec toutes les puissances protestantes dans l'Empire (Hesse-Gassel, Saxe, Brunswick-Hanovre) , et hors de l'Empire (Suède et Danemark); des traités furent conclus à Cœlln (6 août), et à Annaberg en Saxe (2 septembre) avec le landgrave Charles de Hesse-Cassel, et Jean Georges III de Saxe, dans des entrevues personnelles ; en outre, tout en ménageant le roi de France, l'électeur se rapprocha de tous ses ennemis, notamment de l'Empereur.

Un étonnant imbroglio qui se dénoua alors à Berlin, au grand mécontentement de Frédéric, ne le fit pas changer de système, quoique les agents impériaux y eussent joué un rôle assez louche. Depuis la mort du margrave Louis, sa veuve, Louise Charlotte Radziwill, était restée à la cour électorale, étroitement surveillée par ses beaux-parents, puis par son beau-frère, qui espéraient la remarier à un Hohenzollern. Mais les beaux yeux, peut-être aussi la riche dot de la margrave, attiraient force prétendants, et la jeune femme, que le poète Besser traitait trop vite d'inconsolable, n'était pas d'humeur à les décourager. Le fils du roi de Pologne, Jacques Sobieski, étant venu incognito en juillet 1688, parvint à se faire agréer, grâce à l'appui de l'ambassadeur français; l'électeur s'opposa à des fiançailles précipitées; il ne put néanmoins empêcher Louise Charlotte d'engager sa parole par écrit. Cette première déception Fut suivie d'une autre, bien plus rude. Une des filles d'honneur de l'électrice, qui l'avait été de la margrave, disait plus tard assez plaisamment :

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