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LES CHÂTEAUX DU ROI

particuliers. Le reste fut considérablement embelli ou ag^randi. Schliiter, d'abord chargé en 1699 de diriger les travaux, modifia les bâtiments du centre entre le Lustgarten et la place du château; les portails I et V, et plusieurs salles d'apparat (salles des Chevaliers, des Suisses et d'Orange) lui sont dus. Il était malheureusement moins expert comme architecte que comme sculpteur, et une tour, dite des Monnaies (Miinzthurmj, dont Frédéric 1" voulait faire une des merveilles de sa capitale, menaça tout à coup ruine en 1706. Ce fut le signal de la disgrâce pour l'architecte. Eosander de Gœlhe continua l'œuvre, élevant la plus grande partie de l'aile nord-ouest, entre les portails III et IV. En dépit des échoppes qui avoisinaient le château de ce côté et ne disparurent que sous le règne suivant, le palais de Berlin fut dès lors regardé comme un des plus somptueux de l'Allemagne. L'ensemble était imposant, et les ponts jetés récemment sur la Sprée y donnaient un facile accès; sur le pont au sud-est avait été érigée en 1703 la superbe statue équestre du Grand Électeur, chefd'œuvre de Schliiter.

Les constructions de Berlin ne furent pas les seules au temps du premier roi, et sa magnificence s'étala dans une foule d'autres châteaux ou maisons de plaisance, aux environs de sa résidence et jusqu'aux extrémités de ses États. Les documents de l'époque signalent chaque année de nouveaux travaux, et Toland, en 1702, écrit qu'il y avait pour cela un fonds de 150 000 écus (500 000 livres) par an. A Potsdam, peu de changements furent effectués, non plus que dans les jolies retraites voisines, sur les bords des lacs de la Havel, au milieu de bois et de jardins, Bornim, Glienicke, Kaput. A Oranienbourg, demeure favorite de sa mère, Frédéric répara les dégâts de l'invasion suédoise et augmenta le château, presque de moitié. Il fit bâtir en outre, à une lieue de là, une petite maison sur le modèle de Marly, avec une ferme et une laiterie tenues par des Suisses : ce Fricdriclisthal, dont il n'est pas resté grand'chose, était un séjour champêtre et paisible; le roi l'aimait d'autant plus qu'il en avait été lui-même l'ar-

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