ITO FASTE COÛTEUX DE FRÉDÉRIC
chitecte. J'ai déjà décrit Charlottenbourg, à l'ouest de Berlin. Au sud, à l'est et au nord, Frédéric eut d'autres demeures, notamment Kœpenick, Friedrichsfeld, ISieder-Schœnhausen; dans ce dernier endroit, le château était un bâtiment carré, inélég^ant, mais pratique, dans un beau parc aux perspectives un peu trop horizontales. A Kœnigsberg, en Prusse, des constructions assez importantes ornèrent la ville du couronnement, et le château fut agrandi à plusieurs reprises notamment en 1709).
En quelque lieu qu'il résidât, le roi vivait entouré de splendeur. J'ai dit son goût pour les pierreries : on a calculé qu'en 1712-1713 seulement, il acheta pour 171426 thalers (environ 640 000 livres) de diamants et objets précieux. Sophie de Hanovre disait ses bijoux plus beaux que ceux du Grand Mogol, et Frédéric avouait en 1708 qu'avec les constructions c'était (1 son faible " (sein FaybelJ. S'il ne se refusait rien à lui-même, il était très large pour les autres. 11 laissait ses favoris s'enrichir et comblait ses serviteurs ou ses hôtes étrangers de superbes présents. Wartenberg toucha un traitement de plus de 400 000 livres, et d'illustres visiteurs, comme Marlborough et le prince Eugène, reçurent des cadeaux d'une valeur de 75 à 80 000 livres. Sophie de Hanovre, parlant en 1707 des libéralités du roi, écrivait que tout le monde tendait la main et que la mendicité (BetleleiJ n'avait pas de fin; en 1711, elle estimait la dépense quatre fois plus grande que sous le règne précédent. Malgré un fond de simplicité familiale qui se trahit dans certains détails de la vie, surtout dans les rapports de Frédéric avec sa femme, ses enfants et petits-enfants, la cour du premier roi de Prusse était infiniment plus fastueuse et plus raffinée, partant plus coûteuse, que celle de son père.
LÏYRE III