OPERATIONS DE 1702 ET
même Antoine Ulric qui se borna à différer sa ratification, furent trop heureux d'obtenir, par la médiation de la Prusse, l'oubli complet du passé; ils se résignèrent à donner une partie de leurs troupes pour « la cause commune " , c'està-dire contre leur allié de la veille (Brunswick, 1 9 avril 1 702) . L'horizon s'éclaircissait. En vertu du recès de Nôrdlingen (mars 1702), l'Autriche venait de remplacer la Bavière dans l'association des cercles antérieurs, qui adhérèrent à la Grande Alliance. Le cercle de Westphalie suivit cet exemple. L'Empire presque tout entier se ralliait autour de l'Empereur.
Sans doute, une funèbre nouvelle se répanditalors, celle de la mort de Guillaume III (19 mars 1702) ; la coalition était décapitée. Mais les whig^s belliqueux restaient tout-puissants sous la reine Anne; leur chef, le duc de Marlborough, allait accentuer la politique de guerre en Angleterre, comme le grandpensionnaireHeinsius dans les Provinces-Unies; bientôt, avec le prince Eugène, l'habile général de l'Autriche, un redoutable triumvirat se trouva constitué, prêt à mener contre la France une lutte sans merci. La Grande Alliance déclara solennellement la guerre dans le courant de mai, et la diète devait faire de même, au nom de l'Empire, le 28 septembre. Entre temps, les opérations militaires avaient commencé aux Pays-Bas : les Prussiens, joints à d'autres Allemands et à des Hollandais, emportèrent successivement Kaiserswerth, Venloo, Ruremonde et Liège (juin-octobre 1702). L'année suivante, la guerre ayant pris plus d'extension, à cause de la défection ouverte du Bavarois Max Emmanuel, deux corps prussiens firent campagne séparément, l'un sous le comte de Lottum dans la région rhénane, où il contribua à prendre Gueldres et Bonn, l'autre sous Léopold d Anhalt et Natzmer en Bavière, où il participa à la première bataille d'Hochstœdt (septembre 1703) : l'armée des Cercles eût été peut-être anéantie par Villars^ sans la fermeté des Prussiens qui couvrirent la retraite en bon ordre à travers la plaine.
En dépit des événements de l'est qui ne pouvaient pas ne pas l'inquiéter (défaites répétées du tsar et de 1 électeur de