REFUS DE RESTER NEUTRE A I/OUEST
Saxe, roi de Pologne, succès foudroyants des Suédois qu'allait suivre, en 1704, le couronnement d'un nouveau roi de Pologne), Frédéric persista dans sa politique, orientée presque exclusivement vers l'occident. L'influence prépondérante de Wartenberg, étroitement uni à l'ambassadeur d'Angleterre, lord Raby, y était pour beaucoup, mais le roi lui-même se considérait comme indissolublement lié à l'Empereur et aux puissances protestantes; il resserra son alliance avec Léopold par un traité secret du 16 décembre 1702, où l'Autriche s'engageait à ne pas conclure la paix sans exiger que la France reconnût la royauté prussienne. Il n'admettait pas qu'il pût être neutre à l'ouest comme à l'est, et les tentatives de Louis XIV pour l'y décider échouèrent piteusement : ni les insinuations du ministre de Saxe-Gotha à Berlin, Schleinitz, ni les échanges de vues auxquels se prêtèrent pour lui un peu partout divers agents (le Danois Meyercron et le représentant de Genève, Martine, à Paris; Blaspeil etDiest aux Pays-Bas ; Rubach à Danzig) n'aboutirent à un résultat appréciable.
Pourtant divers incidents se produisirent, qui auraient dû lui donner à penser. Telle l'affaire de la succession d'Orange, ouverte en mars 1 702 par la mort de son cousin Guillaume III, et qui fut pour lui une amère déception. Le roi s'était flatté que Guillaume le reconnaîtrait pour son principal héritier; il fondait d'autre part ses droits sur le testament de Frédéric Henri, son grand-père; il songeait même, pour lui ou pour un de ses frères, au stathoudérat de Hollande. Or, il se trouva que Guillaume, contrairement à certaines paroles pleines de promesses, avait établi pour son légataire universel un cousin plus éloigné, le jeune Jean Guillaume de Nassau-Dietz, stathouder de Frise, en chargeant les États Généraux d'être ses exécuteurs testamentaires ; ces derniers, bien loin d'offrir le stathoudérat à l'héritier frustré, éludèrent tout recours aux volontés de Frédéric Henri, et fermèrent l'oreille aux réclamations. Ils s'indignèrent de l'occupation par la Prusse de certains territoires oraniens, situés en Allemagne, comme les