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CAMPAGNE DE

petites localités voisines où le lieutenant-colonel prussien de Berlepsch alla à plusieurs reprises s'aboucher avec le secrétaire Reichard (en janvier-février, avril-mai et juin-juillet 1704). Max Emmanuel avait d'abord confié l'intrig^ue au maréchal Marsin, et avait été encourag^é à accueillir les avances de la Prusse, dans l'espoir de détacher cette puissance de la coalition; il continua ensuite à nég^ocier à l'insu de la France. Mais il demandait le Milanais ou le Brabant, et l'Empereur n'offrait que des territoires minuscules (margraviat de Burgau et, à la rig^ueur, duché de Neubourg^, à condition d'indemniser le duc). La chose traîna si bien que l'électeur, pressé de choisir entre les Français qui le secouraient et les coalisés menaçants, se décida à rester fidèle à Louis XIV (fin juillet 1704). La médiation de la Prusse avait échoué.

L'action militaire fut plus efficace, particulièrement en cette année 1704. Si la g^uerre lang^uit alors aux Pays-Bas, tout l'intérêt se concentra sur les opérations en Bavière, où Marlborough et le prince Eugène vinrent rejoindre l'armée des Cercles, commandée par le margrave Louis de Bade. On voulait porter à Max Emmanuel et à ses auxiliaires français un coup décisif. Après quelques rencontres insignifiantes, une grande bataille se livra dans la vallée du Danube, non loin de Hochstœdt, où Viîlars avait été vainqueur l'année précédente ; cette fois la fortune fut contraire aux Franco- Bavarois, malgré une héroïque résistance autour du bourg de Blenheim ; la victoire, un moment compromise, fut assurée par les 12 000 Prussiens et leur chef, Léopold d'Anhalt- Dessau, dont le prince Eugène vanta la bravoure dans une lettre au roi (13 août 1704). Ce fut un effondrement pour l'électeur bavarois, dont les États furent occupés et les fils emmenés prisonniers à Gratz; lui-même, chassé d'Allemagne, allait se voir bientôt mis au ban de l'Empire (avril 1706) . La campagne s'acheva au delà du Rhin par la prise de Landau.

Les Prussiens s'étaient couverts de gloire, mais ils avaient beaucoup souffert, et la joie du triomphe était tempérée par le regret de pertes sanglantes. L'avance des Suédois en Po-

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