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PLANS DE PARTAGE DE LA POLOGNE

C'est à cette époque que surg^irent en foule des projets qui, durant dix ans, allaient tourmenter l'ambition prussienne, des projets en vue d'un partage de la Pologne. La grande république slave, minée par son anarchie politique et sociale, semblait à ses voisins une proie facile à dépecer. Depuis longtemps, l'idée était dans l'air; elle reparaissait à chaque crise. Au moment où Charles XII se ruait sur ses ennemis dans les plaines de la Vistule, où il disputait les provinces baltiques au tsar et Varsovie à l'électeur de Saxe, où chaque parti avait à cœur de se concilier la Prusse, il était naturel de songer à un démembrement qui faciliterait la paix en satisfaisant les principaux intéressés, et de fait tout le monde y songea, sans que personne y vit un acte répréhensible. Bien plus, des théoriciens se rencontrèrent pour attribuer à cet attentat contre la vie d'un peuple une haute valeur morale !

Il est malaisé de discerner d'où vint la première suggestion, car la question fut agitée presque en même temps dans plusieurs pays : on sait, par exemple, que l'envoyé prussien à Moscou, Keyserling, reçut le 27 mars 1703 Toffre formelle de toute la Prusse polonaise pour son maître, moyennant une alliance contre les Suédois (1). Pourtant, selon toutes probabilités, l'initiative véritable vint de la Saxe : Auguste le Fort, que les scrupules ne gênaient guère, était disposé à tout pour conserver le trône polonais, même à sacrifier une partie du royaume. C'est sans doute avec son assentiment et celui de son confident, Flemming, qu un publiciste saxon, Christian Mviller, mit en avant, au début de 1703, un plan dont il attendait monts et merveilles : il s'agissait d'assurer pour toujours la paix du Nord, en réduisant à l'impuissance les Polonais, peuple frivole et corrompu d'où venait tout le mal; l'union de la Prusse et de la Suède y suffirait, et les deux puissances garderaient, 1 une la Pologne prussienne, l'autre la Lithuanie, tandis que le tsar recevrait l'Ukraine, et Auguste II le reste du pays à titre héréditaire; on gagnerait

(1) Cf. A. B., Russfand, P.. XI, n 14% relation du 30 mars 1703.

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