‹ Histoire de PrusseChapitre 137 sur 410 · EMBARRAS DE FREDERIC I · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE FREDERIC I

aux coalisés contre la France, qui payaient une partie de ses troupes et s'étaient arrangés pour lui extorquer adroitement le reste, il se trouvait désarmé dans l'est et incapable d'y défendre ses intérêts. Sa situation était telle qu il pouvait à bon droit redouter de prendre parti, soit pour la Suède, soit pour ses adversaires. Il voyait clairement le profit des alliances qui s'offraient, il était démangé du désir de compléter la formation territoriale de ses États en acquérant la Prusse polonaise, mais il n'osait accepter, ni d'une main ni de l'autre, ce cadeau inestimable et compromettant à la fois; il savait qu'il y risquait sa couronne. Alors que la lutte restait indécise et que la fortune pouvait trahir le vainqueur du moment, n'était-ce pas folie de se lancer dans la mêlée sans l'appui d'une solide armée! et ne valait-il pas mieux se renfermer dans la neutralité ! Il est vrai qu'il avait mauvaise grâce à en réclamer le prix, qu'on lui reprochait déjà de demander beaucoup et de ne vouloir rien donner, qu'il était en passe de se mettre à dos tout le monde ! Il eut des velléités de changer de politique. Il fit proposer à la ville de Danzig un traité d'alliance et obtint libre passage en tout temps pour ses troupes septembre 1704 . Au même moment, on annonçait qu'il allait marcher vers la Prusse avec 18 000 hommes. C'était un faux bruit, et Marlborough le décida à expédier au contraire des renforts en Italie. Il renonçait à aller, comme disait Sophie de Hanovre, " mettre le holà » sur les rives de la Baltique.

Dans ces conditions, les négociations avec les belligérants du nord ne pouvaient qu'être une suite d'intrigues confuses, plus ou moins louches, et finalement stériles. On le vit dans le courant de 1705. Ce fut un chassé-croisé perpétuel. D'un côté, des démarches de Keyserling auprès de Pierre le Grand ou d'Auguste II, et pour réplique des démarches de Patkul, qui ne cessa de correspondre avec Wartenberg, llgen, Marschall de Biberstein ou Printzen, lorsqu'il ne se rendit pas en personne en Brandebourg; de l'autre, des pourparlers avec l'agent suédois Rosenhane à Berlin, et des missions, comme

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