‹ Histoire de PrusseChapitre 141 sur 410 · ALI.IANCE AVEC LA SUEDE · texte numérisé non relu

ALI.IANCE AVEC LA SUEDE

La situation s'améliorait, et le baron de Besenval, envoyé secrètement par Louis XIV, exhortait en vain le roi de Suède à se poser en médiateur entre la France et ses ennemis. Marlborough vint sur ces entrefaites donner l'impulsion décisive. Il tint Charles XII sous le charme, pénétra ses desseins cachés, surtout sa haine des Russes, et put au retour rassurer Frédéric avril-mai) . Quand il passa par Berlin et Hanovre, « après avoir vu quatre rois » , rajeuni et portant beau, la crainte était écartée d'une intervention de la Suède à l'ouest.

Tout dangfer n'avait pas encore disparu pour la Prusse. Tant que les Suédois campaient à Alt-Ranstœdt, il fallait demeurer sur le qui-vive. Les questions religieuses étaient toujours brûlantes, et Charles XII avait pour ses coreligionnaires, habitants de la Silésie, de la Hongrie et des provinces autrichiennes, des exigences qui pouvaient provoquer un conflit avec l'Empereur. Frédéric, d'autre part, n'était pas content; il voulait mener à bien la négociation de la triple alliance protestante, dont il avait déjà été souvent question, et aussi réaliser, si possible, quelques-unes de ses visées sur la Pologne. Ce fut l'objet d'une dernière mission de Printzen à Â.lt-Ranstsedt. Ses instructions (du 21 mai 1707) insistaient surtout sur la conclusion d'une alliance, sur l'acquisition d'Elbing et d'une bande de terres en Pologne prussienne, sur la mise en liberté d'un ministre russe, Ismaïlow, récemment interné à Stettin, sur la campagne prochaine contre le tsar, où le colonel de Siltmann devait accompagner l'armée suédoise ; au reste l'envoyé, muni de lettres de créance pour Stanislas, devait également faire sa cour à Auguste II, mais avec prudence et en ménageant les susceptibilités.

Printzen évolua adroitement entre Charles XII, Stanislas et Auguste II, auquel ses vainqueurs refusaient le titre de roi de Pologne; il n'obtint que de bonnes paroles et s'en alla au milieu de juin avec la promesse de négociations ultérieures à Berlin. C'est là que fut signée par Wartenberg, Ilgen et Printzen, avec deux ministres de Suède, Vaillance perpétuelle du 16 août 1707. En attendant la triple alliance qu'on n'avait II. 13

Page 1