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LA GUERRE DE L OUEST

pu mettre sur pied, les rois de Suède et de Prusse se garantissaient muiuellemeut leurs possessions, avec 6000 hommes de secours éventuel contre toute agression, et s'entendaient pour protéger les évangéliques, ainsi que pour maintenir la paix de Westphalie. 11 n'était pas question d'indemnité territoriale pour la Prusse; du moins, le péril suédois s'éloignait : au mois d'août, après une année d'angoisses, Frédéric vit avec soulagement son incommode allié lever son camp, et s'acheminer enseignes déployées vers la Pologne et la Russie. Il est vrai qu'on ignorait qu'il courait à l'abime; on continua à tolérer à Berlin les allures arrogantes des officiers suédois, assistant bottés et éperonnés aux bals de la cour, et de la comtesse Piper, exigeant l'enlèvement des statues d'esclaves qui ornaient le monument du Grand Électeur! La peur de Charles XII fut, jusqu'en 1709, la base de la politique prussienne en Orient.

La guerre continuait à l'ouest durant ce temps, et les troupes de Frédéric, disséminées un peu partout, collaboraient aux opérations d'Italie, d'Allemagne et des Pays-Bas. Après une année d'échecs en 1707, la coalition reprit le dessus en 1708 : Marlborough et le prince Eugène remportèrent en Flandre la grande victoire d'Oudenarde (1 1 juillet), où le kronprinz se distingua par sa bravoure et eut un cheval blessé sous lui. La France avait perdu les Pays-Bas ; épuisée, menacée d'une invasion, elle semblait réduite à merci. Pendant le rude hiver de 1709, si rude qu'au dire d'un témoin (Michel Kelch) les oiseaux tombaient gelés en plein vol, des négociations de paix furent entamées. Frédéric avait exprimé l'espoir que la dernière campagne avait eu lieu, et la pitié de Louis XIV pour les souffrances de son peuple le porta en effet à une condescendance presque inouïe. Rouillé, puis Torcy, à La Haye, acceptèrent la plupart des conditions proposées : la paix était faite si, dans les Préliminaires de La Haye, les alliés n'avaient voulu obliger le roi de France à combattre lui-même son petit-fils en Espagne (27 mai 1709) . C'est aux conférences de La Haye que Schmettau, le plénipotentiaire prussien, remit

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