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PETITES ACQUISITIONS TERRITORIALES

le mémoire remarquable, où il réclamait pour l'Empire là Franche-Comté, plutôt que l'Alsace, dont il disait les habitants » plus Français que des Parisiens « . Frédéric se flattait de mettre ainsi la main sur certains biens oraniens, et de « saig^ner » assez la France pour qu'elle cessât d'être redoutable. Les prétentions exorbitantes de ses alliés emportèrent à la fois ses espérances et la paix. La lutte recommença, plus acharnée que jamais, et la sanglante bataille de Malplaquet, qui vit Léopold d'Anhalt combattre en volontaire à côté du kronprinz, coûta 23 000 hommes aux coalisés, dont I 200 Prussiens (11 septembre 1709). Les Français s'étaient battus comme des lions, au dire deGrumbkow; ils avaient peut-être autant de raisons de chanter des Te Deum que leurs adversaires. Frédéric affecta l'indifférence pour les pertes subies; il ne pouvait au fond se dissimuler qu'on avait laissé échapper l'occasion de terminer glorieusement la guerre.

Il venait, il est vrai, de faire deux acquisitions territoriales : celle du comté de Tecklembourg, acheté en 1707 au comte de Solms-Braurfels, et qui, entre Lingen et Ravensberg, complétait ses possessions westphaliennes; celle de la principauté de Neuchàtel et du comté de Valengin dans le Jura suisse. Ces derniers territoires, après avoir été depuis le seizième siècle constamment gouvernés par des familles, françaises (Rohan, Bourbon, Nemours), s'étaient en 1694 donnés à Marie de Nemours. Comme ils occupaient une position stratégique importante, au débouché des deux seules grandes routes qui percent le Jura d'est en ouest, le val Saint-Imier et le val Travers, la France et ses adversaires avaient un égal intérêt à y installer un ami. Quand Marie de Nemours mourut, en 1707, sa succession fut disputée entre des candidats français, tel le prince de Conti, et des candidats allemands, notamment le roi de Prusse, en qualité d'héritier des anciens suzerains de Neuchàtel, les princes de Châion-Orange. Les droits de Frédéric étaient fort contestables, mais il était protestant comme la majorité des habitants, il résidait trop loin pour asservir le pays, et on le préférait au protégé de la

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