ATTITUDE DE L'EMPEREUR JOSEPH
France. Pour ces trois motifs, les États du pays, érigés en tribunal, désignèrent le roi de Prusse comme leur souverain légitime, le 3 novembre 1707.
Les puissances maritimes s'étaient employées de leur mieux en faveur de Frédéric dans le procès de Neuchàtel. Toutefois, les États Généraux gardaient une réserve défiante, maintenaient âprement leur mainmise sur la plupart des biens oraniens, et ne versaient qu'à contre-cœur leurs subsides. De plus, l'Empereur Joseph, très altier, témoignait peu de reconnaissance des services rendus : n'affectait-il pas de compter pour rien les troupes à sa solde ou à celle des puissances maritimes, et aussi les 12 000 hommes que Frédéric entretenait à ses frais aux Pays-Bas! Il prétendait que le roi ne remplissait pas ses devoirs de prince d'Empire, et réclamait un contingent pour l'armée des Cercles! Ce qui ne l'empêchait pas de manquer lui-même à ses promesses, soit pour le paiement des 100 000 thalers dus annuellement, soit pour certaines fournitures. Il ne cachait guère, non plus que ses ministres, sa jalousie de la puissance prussienne : inquiet du projet de triple alliance protestante entre Suède, Prusse et Hanovre, il le combattait en s'entendant sous-main avec Georges Louis, généralissime alors de l'armée d'Empire; il montait l'électeur contre son beau-frère, l'engageant à la plus noire ingratitude, au moment où, plus que personne, le roi de Prusse contribuait à le faire enfin admettre dans le collège électoral à Ratisbonne (1708). Il avait, par instants, d autres attitudes, ménageant ses auxiliaires prussiens en Italie lorsqu'il voulait les employer à effrayer le pape (juin 1708), ou accordant à Charles XII des concessions pour les protestants silésiens ; mais, à peine les bons rapports rétablis avec le Saint-Siège, et Charles XII en route vers la Russie, il ne songeait plus qu'à ses anciens griefs. Même l'envoi dans les Pays-Bas en mai 1709 d'un corps supplémentaire (Augineyitaiions-CorpsJ de 6 225 Prussiens, aux gages de l'Angleterre, ne put désarmer sa mauvaise volonté.
Frédéric était dégoûté de la guerre de l'ouest, quand les