RAPPROCHEMENT DE LA SAXE
événements parurent près de lui offrir à Test les plus belles chances de profit (1) .
Dès le mois de janvier 1709, son ministre en Russie, Keyserlinç, lui avait écrit de Moscou qu'Auguste II songeait à reconquérir la Pologne et que ce serait une occasion excellente d'obtenir pour le royaume prussien des accroissements territoriaux de ce côté. Tout en conservant ses relations avec Charles XII et Stanislas Lesczinski, voire avec les magnats polonais dont LôlLôlfel était chargé de pénétrer les intentions, Frédéric avait traité de son mieux l'envoyé russe à Berlin, von der Lith ; il avait, en outre, expédié à Dresde Marschall de Biberstein pour porter des assurances amicales à Auguste II et surtout surveiller ses agissements. Un peu plus tard, en avril, le plus intime confident d'Auguste, le séduisant Flemming, était venu sonder les dispositions de la cour de Berlin; malgré des réserves de la part d'Ilgen, les ouvertures saxonnes avaient été bien reçues. Frédéric avait rédigé de sa main et avait fait remettre à Flemming par Wartenberg un plan de démembrement de la Pologne, où tout le monde aurait eu sa part, Stanislas, Auguste II, le tsar, le Danemark, sans oublier la Prusse, bien entendu. Le passage par la Saxe de Frédéric de Danemark, au retour d'un voyage d'agrément à Venise, amena alors un accord entre ce roi et Auguste II; puis les deux souverains se rendirent ensemble à Potsdam, pour s y concerter avec Frédéric I". J'ai déjà parlé des fêtes magnifiques qui marquèrent l'entrevue de juillet 1709. Il y eut aussi d'importantes négociations. Danois et Saxons se flattaient d'entraîner la Prusse dans une alliance offensive contre la Suède, sans lui promettre aucune acquisition territoriale; ils refusaient, en effet, de toucher aux possessions allemandes de l'ennemi. Dans ces conditions, Ilgen s'opposa énergiquemcnt à un acte qui pouvait avoir de terribles conséquences. Son maître ayant consenti pourtant à se lier aux adversaires de Charles XII, il limita prudemment les engagements. Fina-
(1) Ce qui suit, surtout d'après les Archives de Berlin, Jitisslatul, R. XI, conv. 19, et Poleu, R. XI, n 27 hh 3-7.