ECHEC DES VISEES SUR LA POLOGNE
aucrnie armée venant des possessions allemandes de la Suède; il s'y opposerait même par la forée. En revîinche, le tsar s'enfj^ageait à chasser la garnison suédoise d'Elbinç, mais il ne remettrait la ville au roi de Prusse que si Ton parvenait à une heureuse paix. Le projet de partag^e de la Pologne, le rêve de Frédéric, avait été écarté comme irréalisable.
Les deux souverains se séparèrent refroidis. Le tsar n'avait pas obtenu l'alliance offensive qu'il espérait contre la Suède. Le roi avait été froissé de l'altitude impérieuse des Russes, qui parlaient en maîtres et traitaient leurs alliés comme des Il esclaves » ; il ne se consolait pas de voir échouer son « grand dessein » . Tandis que Pierre le Grand se préparait à achever en 1710 la conquête des provinces baltiques, et à occuper Elbing, dont il necomptait pas se dessaisir, Frédéric se trouva très désorienté. Il songea un moment à se rapprocher de la France, que ses malheurs rendaient conciliante : à la fin de 1709 se place une négociation secrète, d'ailleurs sans effet, entre Grumbkow et un officier français, qui s'abouchèrent quelques heures à Bruxelles. Le roi se tourna ensuite, avec plus d'entrain, vers l'électeur de Saxe, roi de Pologne, qui lui avait envoyé F'iemming, et auprès duquel Marschall de Biberstein fut réexpédié en décembre. Au début de janvier 1710, Frédéric se rendit en personne à Leipzig pour y voir Auguste II. L'entrevue, très cordiale, n'aboutit qu'à un projet fPunctationJ, dont les clauses étaient peu satisfaisantes : Auguste déclinait poliment l'offre d'un démembrement de la Pologne, « auquel les conjonctures présentes ne permettaient pas de penser un instant » .
Déçu dans son espoir d'accroissement territorial sur la Vistule, le roi de Prusse obtint du moins un léger succès diplomatique à La Haye. Depuis le mois de novembre, Schmettau avait été chargé, pour parer au plus pressé, de demander la neutralisation des possessions suédoises d'Allemagne ; si cela empêchait de les prendre, c'était en revanche une garantie de paix pour l'Empire. Toutes les puissances soutinrent la proposition parce que toutes se flattaient d'en