NÉGOCIATIONS A L'OUEST ET A L'EST
surprise, en pleine nuit (7-8 novembre), et occupa la citadelle d'où Natzmer expulsa ensuite la garnison hollandaise (31 décembre 171:2 . C'était l'incohérence même.
Cependant ses plénipotentiaires à Utrecht, comtes de Doenbof et de Metternich, et baron Marschall de Biberstein, étaient secrètement avertis par un des Anglais, l'ancien ambassadeur à Berlin, Raby, devenu lord Strafford, que les États Généraux songeaient à se venger ; ils pressaient la conclusion de leur traité et espéraient acquérir la Haute-Gueldre espagnole, réclamée depuis longtemps par la Prusse et déjà occupée à demi par ses troupes. Frédéric prit son parti. Le 8 janvier 1712, il écrivit à la reine Anne qu'il signerait la paix de concert avec elle. Des conférences s'ouvrirent entre Français, Anglais et Prussiens, et les modestes demandes de la Prusse furent à peu près approuvées (février). F>édéric abandonnaitl'Empereur pour ne pas rester les mains vides (I) .
Forcé de se contenter de peu aux Pays-Bas, il était encore moins favorisé du côté de l'Oder et delà Vistule. Là les hostilités prenaient chaque jour un caractère plus menaçant : elles mettaient à feu et à sang les possessions allemandes de la Suède, et n'épargnaient même pas les territoires prussiens; c'étaient sans cesse des passages de troupes, amies peut-être, mais qui ne se faisaient pas faute de marauder et de piller sur la route. Le roi essaya en vain de se faire accorder quelques compensations : ni les Suédois, ni leurs adversaires n'accueillaient ses ouvertures; on ne voulait lui livrer ni Stettin ni Elbing. Pourtant il eut une dernière lueur d'espoir au milieu de l'année. Le général Menchikow, lieutenant du tsar, venait de passer par Berlin, arrogant de tenue et de langage, réclamant de l'artillerie de siège, comme chose due (juin 1712). Le ministre Ilgen s'aboucha alors avec le suédois Wellingk, et imagina un projet d'accord entre Suède, Prusse et Pologne,
(1) ISoordcn a été injuste pour Frédéric lorsqu il prétend que, s'il eût vécu, la Prusse n'aurait même pas obtenu ce qn'clle reçut parle traité d' Utrecht, conclu après sa mort. I.,es faits prouvent an contraire que tout était décidé de son vivant.