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CHAPITRE II

l'administration sous wartenberg (1701-1711) (1)

J'ai dit les antécédents, rascension rapide et la brillante carrière de Kolbe de Wartenberg; j'ai dit également le caractère obséquieux et le génie médiocre du favori qui, en satisfaisant toutes les fantaisies du souverain, parvint à une situation dominante, non seulement à la cour, mais même dans l'État, sauf à se faire décerner prudemment un brevet d'entière irresponsabilité. Avec la charge de grand chambellan et quelques autres offices, plus honorifiques ou lucratifs qu'ab-

(1) Sources : A. B., RegistraturbUcher, 1701-1711, et diverses liasses concernant surtout la justice et la police, les rapports des municipalités et de l'État, les Universités de Francfort-sur-l'Oder, Halle et Duisbourg, le collège de Joachimstbal, les plaintes des sujets en Prusse, la milice en Prusse, le mouvement commercial, les canaux et voies de communication.

Documents imprimés : voir la bibliographie en tète du cbapitre n du livre !"■; je me borne à rappeler les Acta Borussica (les cinq séries), le Corpus de Mylius, les publications de Stadelmanx (Laiidescultui-) et de Krauske (Briefe an Leopold von Anhalt). En outre : Wolff's eiqenc Lebensbescht-eihung , publiée par Wuttke, Leipzig, 1841; Frisch's Briefwechsel mit Leibniz (dans Archiv dcr Brandenburgia, II), Berlin, 1896; Jabloxski's Briefwechsel mit Leibniz, correspondance publiée par Kvacsala, 1897.

Mémoires et écrits déjà cités de Frédéric II, Natzraer, Pœllnitz, Dohna, Toland, ISeukirch, Besser.

OuvKAGE.S : Voir la biiiliographie chap. ii du livre \", et en outre : Schmoller, Die Verwaltunq Ost-Preussens unter Friedrich Wilhelm I (Hist. Zeitschr., XXX, 1873); Zakrzewski, Die wichtigeren preussischen Beformen der direkten landlichen Steuern im XYIII" Jahrhundert, Leipzig, 1887; V. Frïedberg, Der Konfliht zwischen F W. I. und Karl VI neber die Allodifikation der I^ehen, Uist. Zeitschr., LXIV, 1890; Schutiakoff, Bauerngesetzgebung unter Friedrich dem Grossen, Darmstadt, 1895; Wiedfeldt, Statistiche Studien zur EntwicUungsgeschichte dt-r Bsrliner Industrie (1720-1890), Leipzig, 1898; Bois- «OSNibK, Histoire des premiers essais de relations économiques directes entre la France et l'Etat prussien pendant le règne de Louis XIV, Paris, 191^; Kauf- MAKN, Geschichte der deutschen Univcrsitdten, Stuttgart, 1888-189Ô.

WARTENBERG ET SES CO LL A HO il ATEURS 215

sorbants(l), Wartenberg^ g^arda, de 1698 à la fin de 1710, la direction au moins nominale des affaires. L'acquisition de la royauté avait été l'origine de sa faveur; il se maintint ensuite, en flattant la vanité du maître, en mettant sans compter et jusqu'à épuisement à sa disposition les ressources et les forces du royaume. De pareils procédés, inspirés uniquement par ia poursuite de fins intéressées, n'étaient gfuère compatibles avec une œuvre de sag^es réformes. L'administration de Wartenbergf, ou plutôt sous Wartenberg, car il laissa agir ses collaborateurs plus qu'il ne les fit agir, se signala par une passivité relative : c'était peut-être ce qu'on pouvait espérer de meilleur, et si la nécessité de fournir de nombreux contingents à l'armée, dans un temps de guerre perpétuelle, amena des règlements militaires, féconds pour l'avenir, les besoins financiers provoquèrent des essais souvent malheureux; le gaspillage des deniers publics prit des proportions désastreuses, et la misère du trésor eut pour contre-partie celle des sujets.

Dans certaines branches de l'administration, Wartenberg eut la chance d'être bien secondé. J'ai nommé llgen, qui eut en fait, sinon officiellement, la charge principale des affaires étrangères, surtout après la mort de Fuchs. En matière de justice et d'assistance, Christian Frédéric Bartholdi, en matière d'instruction et de religion, Marquard Louis de Printzen, en matière de finances Ghvealkowski, Daniel Ludolf Danckelman et les deux Kraut furent des aides précieux. Malheureusement à ces fonctionnaires probes et laborieux furent superposés, aux côtés du favori, deux courtisans légers et incapables, les comtes Auguste de Wittgenstein et Alexandre Hermann de Wartensleben. Le premier, homme au visage sévère et au cœur dur, grand maréchal de la cour en 1 702 et placé à la tête de Tadministration des domaines, céda à la tentation défaire passer les dépenses de la cour avant celle de l'État; le second, nommé feld-maréchal général en 1702, au moment

(1) Il eut jusqu'à 123000 thalers (plus de 450000 francs) de traitement.

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