‹ Histoire de PrusseChapitre 160 sur 410 · LES TROIS W · texte numérisé non relu

LES TROIS W

OÙ il entrait au service prussien après avoir débuté chez do petits princes allemands et servi l'Empereur, se signala bien plus par son avidité que par sa compétence. L'un et l'autre étaient des créatures du grand chambellan, auprès duquel ils faisaient « le chien couchant » . Tandis que Wartenberg, plus puissant chaque année, devenait en 1701 maréchal de Prusse et chancelier de l'ordre de l'Aigrie noir, puis était présenté aux ambassadeurs étrangers comme une sorte de premier ministre auquel ils devaient rendre visite tout d abord, enfin faisait renvoyer ses ennemis (comme Wensen en 1701, Barfuss, Lottum et Dœnhof, à la suite d'une cabale en 1702), Wittgenstein et Wartensleben partagèrent avec lui la faveur royale. Tous en profitèrent au mieux de leur fortune particulière et exploitèrent cyniquement la situation. Sophie Charlotte se plaignait en mai 1704 de l'incapacité des ministres : (i Ceux qui sont capables ne sont pas employés, ceux dont on se sert savent mieux manier un cheval qu'un État, et le grand tribunal où l'on dispose de tout aurait plus de capacité à présider un cabaret pour les matelots qui reviennent des Indes; d'autres sont timides et ne regardent qu'à leur propre intérêt " . Plus tard, le ressentiment populaire a flétri justement la mémoire des trois W {Wehe, fléaux) (I).

Malgré ces conditions défavorables, l'administration de Frédéric I", de 1 70 1 à 1 7 1 1 , ne fut pas en tout et pour tout fâcheuse : avec des faiblesses et de grandes fautes, elle ne laissa pas d'atteindre certains résultats.

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