ADMINISTRATION CENTRALE, PROVINCIALE ET LOCALE
Au point de vue administratif, l œuvre de centralisation et d'unification, commencée depuis cinquante ans, se poursuivit
(i) On a remarqué que de ces trois, deux étaient de grands officiers de cour, et non de vrais ministres : ni Wartenberg, ni Wittgenstein ne firent partie officiellement du conseil d'Etat secret.
RÉIOR-AJES AD.Mi:SISTRATIVES 217
lentement, par la force même des choses, plutôt que d'après un prog^ramme nettement conçu. Déjà, en 1698, une sorte de " comité étroit " de trois ou quatre membres avait été organisé, et peut-être doit-on y voir comme un embryon du futur cabinet qui s'établit sous Frédéric Guillaume I"; ensuite un maître des requêtes, Referendarius (Daniel Ludolf Danckelman, puis Hamrathj fut chargé un moment de soumettre au souverain certaines questions ; des ordonnances distinguèrent des affaires que pouvaient expédier les conseillers secrets, celles qui devaient venir à la signature du prince fad mandatum spéciale prnci/isj; mais l'idée fut à peu près abandonnée quand un ordre du roi, le 1" février 1702, attribua le départ à Wartenberg, auquel tout désormais devait être adressé. Frédéric 1" n'avait ni l'intention de gouverner de son cabinet, ni la puissance de travail ni les organes administratifs nécessaires pour cela.
11 n'existait pas de véritables départements : en décembre 1710, il fut décidé que tout membre du conseil secret qui aurait rédigé la minute d'une expédition en contresignerait la copie. Cependant, comme durant la période précédente, il se fit sous Wartenberg un progrès de la spécialisation, surtout pour les affaires étrangères, la justice, les finances, le commerce.
Pour les premières, Ilgen, auprès du grand chambellan, accapara peu à peu la haute direction. Pour les choses judiciaires, le conseil secret de justice (JustizrathJ subsista, mais sa compétence tendit à se limiter dans la Marche aux affaires des nobles, des villes et de l'Université de Francfort. D'autre part, le conseil d'État secret demeura la plus haute juridiction : on s'adressait à lui par des suppliques; toutefois l'abus de ces suppliques fut tel qu'en 1709-1 7 10, on en enleva la connaissance au conseil secret; il ne resta plus à ce dernier que la confirmation des sentences criminelles. A côté du Justizrath et du conseil d'État secret, un nouveau tribunal fut érigé, le tribunal suprême d'appel (Ober-AppellationsgerichtJ. création liée à l'acquisition de la couronne royale, car Frédéric tenait