DANCKELMAN ET SES FRERES
et dans le cercle de Westphalie; le second, Thomas, fut envoyé en Hollande et en Angleterre, avant d'être nommé juge à Lingen; Sylvestre Jacques, créé conseiller secret réel en août 1688, devint Tannée suivante président du tribunal et du consistoire à Berlin; Daniel-Ludolf fut promu en janvier 1691 au rang de conseiller secret réel, avec les fonctions de commissaire général de guerre et de curateur de la future Université de Halle ; Nicolas Barthélémy, envoyé extraordinaire à Vienne, puis à Ryswyk, fut mis d'autre part à la tête des finances du duché de Magdebourg en 1691, et entra en 1697 au conseil d'État secret; le dernier, Guillaume, fut chancelier à Minden . Les enfants du premier ministre n'étaient pas oubliés : on vit son fils, Charles Frédéric, pris malgré sa jeunesse au service électoral dès 1690, « sans caractère » il est vrai, et ensuite nommé successivement conseiller de cour et de légation (1691) , conseiller de tribunal (1692), capitaine à Ruppin et Bellin (1693), premier gentilhomme de la chambre du Kurprinz (1694), Il semblait que rien ne pût suffire à récompenser le « Haut Président » ni sa famille, et l'Empereur s'empressait de compléter cette avalanche de bienfaits en conférant à tous les Danckelman la noblesse d'Empire.
Aux faveurs qu'il devait à la bonté du maître, Danckelman unit le pouvoir que lui assura sa confiance. Sans doute certains grands officiers, et quelques anciens conseillers secrets continuaient à jouir d'une influence considérable, mais sans lui porter ombrage. Frédéric, comte de Dœnhof, qui entra seulement en 1689 au conseil secret, occupait en qualité de grand chambellan la charge la plus honorifique, mais ce gentilhomme, « le plus poli de la cour » suivant Pœllnitz, était vieux et goutteux; La Rosière, en 1694, le représente comme ne demandant qu'à jouir de ses revenus. Meinders, Fuchs et Joachim Ernest de Grumbkow tenaient un rang élevé, mais ne l'avaient conservé que grâce à l'intervention de Danckelman; ils étaient donc ses obligés, et ne songeaient pas à rivaliser avec lui ; d'ailleurs Grumbkow ne tarda pas à disparaître,