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DANGKELMAN ET LES AUTRES CONSEILLERS

peut-être tué par les excès de boisson qu'entraînait sa charge de grand maréchal (1690). Parmi les autres conseillers, ni d'obscurs travailleurs comme Rhetz, ni des spécialistes comme Knypliausen, ni même des diplomates ou officiers, porteurs de noms illustres, le second Schwerin, Schœning, Alexandre de Dohna, Jean Georges d'Anlialt, oncle de l'électeur, ne pouvaient aspirer à la première place. Eberhard Danckelman, fortifié par l'admission de ses frères aux plus hauts emplois, resta de 1688 à 1697 le seul chef du gouvernement.

Sa situation était dominante dans le conseil d'État secret, où il répartissait le travail, après avoir reçu directement les rapports des fonctionnaires et les relations des ambassadeurs. De plus, il avait en droit la présidence de tous les collèges, non seulement dans la Marche de Brandebourg, mais aussi dans les autres provinces, et l'électeur lui remit un jour, durant une séance solennelle du conseil, une petite cassette contenant les sceaux de ces collèges (23 juillet 1695). Il ne faut pourtant pas exagérer l'importance de cette manifestation, vu l'impossibilité où il se trouvait d'exercer en fait une pareille prérogative. D'autre part, les voix dans le conseil secret pouvaient se diviser et il dut parfois contresigner des décisions prises contre son gré ; même dans les comités les moins nombreux, où ne siégeaient que deux ou trois ministres pour discuter des affaires secrètes, il tenait compte des divers avis, cherchant toujours à partager les responsabilités, il serait inexact de dire avec un ambassadeur étranger, dont Schwerin rappelait plus tard le mot mordant, que les conseillers secrets étaient ainsi nommés parce que tout leur demeurait secret.

A vrai dire, ce fut moins par le Conseil d'État, dont souvent l'action était purement consultative, que par d'autres voies, qu'il fit prévaloir son autorité. Ses nombreuses charges lui conféraient de multiples attributions, et dans les questions financières et économiques, par exemple, dont il s'occupa de préférence, il sut habilement utiliser les circonstances; non

H 1,E COr^SEIL D'ÉTAT SECRET

seulement le dévouement de son ami Knyphausen et de son frère Daniel Ludolf lui permit là une incessante intervention, mais il put réclamer, comme membre de la chambre aulique des finances (Hofhammer), le contrôle de la cassette, une des principales caisses de l'administration des domaines; comme Lehnrath et membre de la chancellerie des fiefs fZe/j^^Aanî/eiV, qui veillait au renouvellement des chartes de corporations (Zunfthriefe), il se mêla à la politique industrielle 1) ; comme commissaire du sel, il participa à la réorganisation des salines de Halle, et comme capitaine de VAmt Neustadt sur la Dosse, à l'installation de verreries productives. Enfin, la maîtrise des postes le mit à même de poursuivre l'œuvre du directeur Matthias (j 1684) et de lui faire porter de nouveaux fruits. Le labeur et l'activité d Eberhard Danckelman ont fait oublier qu'il s'était élevé et avait gouverné par la faveur; ils ont même effacé jusqu'à un certain point l'effet choquant d'une avidité et de récompenses excessives. Pour une fois, un favori s'est trouvé mériter sa fortune.

En matière administrative, il s'inspira des idées du Grand Électeur, tendit à plus d'unité et de centralisation. Si les progrès furent médiocres, cela tint surtout aux difficultés de la situation, au caractère de son maître, à la durée insuffisante de sa gestion.

Le Conseil d'État secret demeura alors le grand organe central de gouvernement, aussi actif et puissant, peut-être davantage, que sous le précédent électeur. Frédéric III, comme son père, siégea et régna dans son conseil; l'importance des procès-verbaux ou protocoles des séances en fait foi. Il y avait sept secrétaires, dont un secrétaire particulier de cabinet, en 1688. L'électeur, jugeant encore trop lente l'expédition des affaires, décida en février 1697 que le conseil s'assemblerait chaque jour. Les questions cependant arrivaient déjà moins nombreuses ou mieux préparées, grâce au chiffre croissant des départements spéciaux. Pour les affaires

(1) Aux côtés du directeur, Fuclis.

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