‹ Histoire de PrusseChapitre 172 sur 410 · SYSTEME PROTECTEUR · texte numérisé non relu

SYSTEME PROTECTEUR

teur, qui fut plus ou moins maintenu, l'industrie à cette époque resta plutôt stationnaire.

J. P. Gundling^, dans un rapport de 1712, resté manuscrit à la Bibliothèque royale de Berlin (Nachricht von den Kommerzien und Manufakturen), énumère les causes de cette stagnation : exportation de matières premières qui auraient pu être travaillées dans le pays, insuffisance des tarifs protecteurs, mauvaise organisation des corporations et maîtrises. Sauf à Berlin même, les manufactures déclinèrent, par exemple celles de lainages, et il faut rectifier les opinions trop optimistes sur une prospérité industrielle qui exista seulement plus tard. Des plans de réforme furent alors dans l'air, comme celui d'un nommé de Spiegelberg qui, en décembre 1708, proposa une refonte complète du système des corporations, avec réglementation par l'État; rien d'important ne fut fait, ni même essayé. Les économistes du temps, Marperger et consorts, estimaient relativement bon et libéral le régime existant.

Le principe dominant au point de vue commercial demeurait celui du protectionnisme. Un tarif de 1701 éleva les droits à percevoir à l'importation des marchandises qu'on pouvait fabriquer sur place ; un éditdu 1 1 mars 1709 ordonna de prendre des draps du pays pour les livrées de cour et l'habillement de la garde, et d'étudier les moyens d'utiliser également à l'avenir pour l'armée les gros draps, les chapeaux et les bas confectionnés dans le royaume ; un édit du 2 juin 1710 frappa les glaces venant de l'étranger d'un droit de 25 pour 100. Mais ce n'étaient encore laque des mesures incohérentes, non une politique commerciale suivie. De même les ordonnances, interdisant l'exportation des laines ou d'autres matières premières, ne furent guère observées. D'ailleurs on chercha à s'entendre, à diverses reprises, avec les puissances voisines. En 1699, un recès avait stipulé l'abaissement à 2 pour 100 de tous droits, lors des foires et marchés, dans les États prussiens pour les denrées de la Poméranie suédoise, dans ce dernier pays pour les denrées

Page 1