LE COMMERCE EXTÉRIEUR
phalie où tout était assez mal organisé, que clans les États de Frédéric I" il avait trouvé les g^rands chemins mieux entretenus, les postes mieux réglées, les voitures publiques plus rapides; aux carrefours, des piliers portaient des écriteaux, mentionnant le prochain relais et la distance en milles. Mais il aurait fallu diminuer les douanes et péages qui partout paralysaient les transports par terre et par eau.
Pour le commerce extérieur, le roi aurait désiré, comme il le proclamait dans un rescrit de 1702, « continuer l'œuvre de son père » . Il ne fit peut-être pas à la France autant d'avances qu'on l'a dit, mais il ferma les yeux sur les agissements des commerçants qui violaient l'édit impérial prohibant tout trafic avec la France et l'Espagne : l'importation des vins ou du sel de ces deux pays et l'exportation vers eux des blés ou des bois du Nord donnèrent toujours lieu, même durant la guerre, à des échanges plus ou moins indirects. Le résident Bergier, à Lisbonne, insista à diverses reprises pour l'organisation de rapports commerciaux entre la Prusse et le Portugal. D'autre part, Printzen à Moscou en 1701 chercha à orienter vers Kœnigsberg les marchands de soie arméniens, et il fut question en 1708 d'envoyer Adam Brand nouer des relations de trafic en Perse. Quant aux colonies, depuis le procès de Raule leur sort était réglé. Gross-Friedrichsburg et le château d'Arguin furent conservés, et la compagnie africaine vécut jusqu'en 1711 ; mais Frédéric s'efforça en vain de rendre la confiance aux actionnaires hollandais; une dernière tentative pour réunir une assemblée générale à Emden, en 1710, échoua, et le roi, après avoir aboli la compagnie en mai 1711, ne devait guère recueillir de son héritage que des démêlés avec les nègres de Guinée et des conflits avec la Compagnie hollandaise des Indes Occidentales.
Les résultats obtenus furent en somme très médiocres. Malgré l'incohérence et l'imprécision des documents et des travaux publiés jusqu'à présent, il semble bien qu'il y eut décadence plutôt que prospérité commerciale : déclin du côté de l'Elbe pour le trafic des blés et du sel, comme le constatait