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ARMEE ET MARINE

La longue guerre dans laquelle le jeune royaume prussien se trouva engagé à partir de 1701, fut certainement la cause principale des ruines matérielles. Le poète Besser, écrivant un à propos pour la fête de Frédéric I"en juillet 1710, avait beau vanter la paix maintenue dans ses États, alors que la guerre sévissait partout près des frontières : si les territoires du roi ne furent pas envahis (du moins ceux du centre, car ceux de l'est et de l'ouest subirent souvent les allées et venues des belligérants), le pays entier ne laissa pas de souffrir, et cruellement. La seule compensation, ce fut le perfectionnement des institutions militaires qui devaient un jour faire la grandeur de la Prusse. Des premières années du dix-huitième siècle datent certaines mesures qui annoncent et préparent les réformes du Roi Sergent.

238 LA MILICE TERKITORIALE

Après la forte réduction, opérée de 1697 à 1700 (1), l'armée ne tarda pas à être de nouveau aug^mentée. Dès 1701, les compagnies dont l'effectif était tombé à 80 hommes reprirent leur ancien chiffre de 100 hommes, le dépassant même parfois (notamment dans les bataillons de la gi^arde) , et le règlement provisoire de 1693 fut remis en vigueur, qui obligeait les habitants des cercles à désigner eux-mêmes un certain nombre de recrues. D'autre part, une milice territoriale fLandesmtliz) {ui instituée de 1701 à 1703 : tous les hommes valides, jusqu'à quarante ans, devaient être inscrits ou « enrôlés » , en vertu d'une ordonnance du 1" février 1701, mais devant l'opposition des nobles et des \dlles, le roi, en 1703, limita l'obligation aux habitants des domaines (Aetnter) et des villes médiatisées (Aemter-Stàdte). Les miliciens, exclusivement destinés à la défense du territoire, ne devaient pas être employés au delà des frontières. D'après les listes de 1703, ils formaient environ 25 000 hommes, en y comprenant les Wyhranzen de Prusse, qu'on eut quelque peine à réorganiser. Toland, dès 1702, signale l'importance de la nouvelle milice, que de vieux soldats exercent là où ils demeurent, et pour laquelle, la première année, le roi donne a les habits de munition » , en drap gris doublé d'étoffe couleur orange; il la juge propre à assurer au Brandebourg la sécurité et la puissance. Divers règlements remanièrent l'institution, surtout ceux de mai et de juillet 1705 : le dernier ordonnait des exercices une fois par semaine (une heure en hiver, deux heures en été) , et réduisait à cinq ans la durée du service.

Frédéric I" avait ainsi créé une sorte de Landwehr, à côté et en dehors des troupes permanentes. Mais les circonstances exigeaient alors , moins des réserves défensives qu'une armée d'opérations, capable de prendre part à la guerre européenne. De là des tâtonnements et des contradictions : à plusieurs reprises, la milice fut enlevée à sa véritable destination, et utilisée pour renforcer les troupes actives. On le vit, par

(1) En 1698, le chiffre des troupes tomba à 22 870.

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