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RECRUTEMENT DE L'ARMEE

exemple, le 11 mars 1704, lors d'une levée de 12000 hommes de renfort : une prime fut promise à tout inscrit sur les rôles, qui s'engagerait pour deux ou trois ans ; bergers et artisans des campagnes, brasseurs et bouilleurs de cru, métiers et corporations dans les villes, durent livrer une certaine quantité de recrues, et chaque maire fut tenu d'en fournir une. Le roi ordonna, si le chiffre requis n'était pas atteint, de le compléter aux dépens des villes et villages, à proportion du nombre des habitants ou de l'étendue des terres cultivées. D'ailleurs, une fois cette levée faite, on en revint à l'interdiction d'incorporer les miliciens (10 août 1704).

Une instruction de Gœlln (10 septembre 1708) (1) marque le progrès principal accompli alors pour le recrutement de l'armée permanente. L'article IV est particulièrement intéressant : » A tout régiment ou bataillon, on doit assigner une province, ou à proportion dans celle-ci des districts, où se trouvera le lieu de rassemblement et où seront laissés quelques agents, commis par le régiment pour lever chaque année dans le plat pays et dans les villes les hommes nécessaires " . N'est-ce pas déjà le système des cantons qui prévaudra sous le règne suivant! Il est vrai que les articles de septembre 1708 ne furent pas maintenus et qu'on en revint au règlement obligeant chaque province à fournir un certain chiffre de recrues.

Si l'armée prussienne augmenta beaucoup (jusqu'à 40 000 hommes environ, soit 2 1|2 °|„ de la population totale) et si l'esprit militaire se répandit dans le royaume, la charge devint de plus en plus lourde, surtout pour les campagnes. Le rapport de la chambre des finances de Magdebourg en 17101e constatait, en montrant les recrues arrachées de force à leur village (2) , ou fournies par celui-ci à prix d'or (50, 60, voire 100 thalers par homme) . On ne distinguait pas toujours ceux qu'il fallait laisser au pays de ceux qu'on pou-

(1) Instrucktions-Puiikle .

(2) Malgré ledit du 16 janvier 1704, interdisant d'incorporer quelqu'un contre sa volonté

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