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PROGRES DE L'ARMEMENT

vait lever « sans bruit » , comme aptes au service à la fois et « indésirables » sur place. Les levées faites à l'étranger n'étaient qu'un faible soulag^ement. De plus, la durée du service était illimitée, et le rég^iment relâchait rarement sa proie. Dans ces conditions, la désertion devait continuer à sévir : des édits sévères, lancés contre les déserteurs et ceux qui les cachaient ou aidaient, furent impuissants à enrayer le mal.

Ces misères ne peuvent faire oublier les prog^rès réalisés. Tout d'abord dans l'armement : les piques avaient été déjà supprimées ; peu à peu l'incommode mousquet fut remplacé par le fusil à pierre, plus maniable sinon beaucoup plus pratique sous la pluie ; pour les cartouches, Léopold d'Anhalt commença à introduire la douille en fer. De superbes canons furent fondus, notamment « les douze électeurs w , dont plusieurs, amenés à Paris un siècle après par Napoléon, se trouvaient encore récemment sur le terre-plein des Invalides; enfin l'usage des grenades lancées à la main se développa, et on créa une dizaine de compagnies de grenadiers. Les exercices de l'infanterie se faisaient lentement, presque solennellement, au son du tambour (1), mais grâce au prince d'Anhalt, la rapidité du chargement et du tir s'accrut. Les évolutions par pelotons se substituèrent avantageusement aux mouvements par files ou colonnes; les chevaux de frise, qu'emportaient les fantassins pour se protégerdela cavalerie, disparurent après 1708. Le soldat en campagne resta encore surchargé par son fardeau (armes, manteau, tente et hâvresac) ; il fut du moins mieux vêtu, avec des uniformes où dominaient le bleu et le rouge pour l'infanterie, le brun puis le rouge vif pour l'artillerie, le blanc et le bleu pour la cavalerie. Le corps d'élite des grenadiers se distinguait de loin par ses bonnets pointus. La cavalerie fut peut-être négligée, comme le dit Frédéric II, mais l'artillerie fut l'objet de soins spéciaux, sous le haut commandement du margrave Philippe Guillaume, à partir de 1697. Il n'existait pas de corps du génie. Cepen-

(1) Cf. le règlement du 18 décembre 1702 pour l'exercice du fusil.

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