FAIBLES PROGRES DE LA CE?«TRALIS ATION
étrangères, l'usag^e déjà ancien d'en confier l'examen à deux ou trois conseillers seulement devenait de plus en plus la règle, et de même, pour la justice, une commission spéciale du conseil continuait à en être chargée ; mais il manquait une direction suprême et unique : le jus de fion appellando , qui aurait placé l'électeur dans une situation pleinement autonome, n'était valable que pour la Marche de Brandebourg, et dans les autres possessions allemandes, dont chacune avait ses tribunaux, les plaideurs pouvaient faire appel à la Chambre de Spire (transférée à Welzlar en 1691) , ou même au Conseil aulique de Vienne (ReichshofrathJ. L'institution en juin 1690 de cours de justice françaises à Berlin pour les réfugiés huguenots ne fit qu'accroître la fâcheuse multiplicité des organes judiciaires.
Pour les finances, un nouveau pas fut fait. A l'instigation de Knyphausen, qui remit un mémoire à ce sujet, Frédéric III créa la Chambre aulique des finances (Hofkammer), en avril 1689. Ce fut un collège, composé de plusieurs conseillers, parmi lesquels figurait Christian Frédéric Kraut, et ayant sa chancellerie propre, sa salle des séances au Schloss, et ses procès-verbaux. Sans doute cette chambre restait liée an conseil secret, mais elle eut plus de force pour résister au grand maréchal de la cour et à ses dépenses; sans doute beaucoup d'incohérence subsista, car la Hofkammer ne centralisa même pas tous les revenus des domaines et régales, dont la cassette (SchatulleJ garda une partie, et elle vit se maintenir à ses côtés des organismes indépendants, comme la chancellerie de chasse (JagdkanzleiJ qui faisait passer souvent les intérêts de la chasse avant ceux de l'exploitation financière des forêts, et comme l'administration des postes; du moins, elle chercha à exercer une surveillance sur les chambres des domaines (AmiskammernJ qui lui furent de plus en plus subordonnées dans tout l'électorat. La nomination de Christian Frédéric Kraut, en mai 1696, en qualité de directeur des revenus des domaines f Obéir entmeisiei-J , devait être suivie de la création d'une caisse centrale des domaines,