L'INSTRUCTION PRIMAIRE
Bien qu'on se souciât peu encore de l'instruction des basses classes, des efforts furent faits pour la stimuler. Le piétisme, lont je parlerai plus loin, n'y fut pas étranger, son principal chef, Jacques Spener, demandant qu'on s'emparât de l'esprit malléable des enfants et qu'on préparât ainsi l'avenir; un autre piétiste, Francke, avait d'ailleurs donné l'exemple dans ses établissements de Glaucba, près de Halle. Le roi avait déjà cherché à organiser l'enseignement religieux dans les églises; mais les " catéchisations » du dimanche après-midi étaient fort irrégulières; il fit surveiller ces exercices, et encouragea en outre toutes les écoles primaires, tant les écoles privées fWi'nkelschulenJ que les écoles de paroisse. Un édit du 16 avril 1710, relatif à une inspection générale des églises de la Marche, ordonna aux inspecteurs de s'informer si dans chaque village il y avait un maître d'école pour enseigner aux garçons la lecture, l'écriture et le catéchisme. Dans le duché de Magdebourg, on reprit, en la modifiant, une ordonnance de 1658, établissant l'obligation pour les jeunes enfants d'aller à l'école. En Poméranie, une patente du 9 novembre 1706 stipula qu'il y aurait une école et un instituteur par village; beau programme, qu'on ne put exécuter, il est vrai. En Prusse, on fut obligé, vu les épreuves de la guerre, de la peste et de la famine, de se borner à décider (en janvier 1712) que les villages, selon leur importance, enverraient un ou deux enfants chacun â l'école pendant l'hiver. C'est à Kœnigsberg pourtant que s'organisa vers 1698, par l'initiative d'un fonctionnaire modeste, une école privée, destinée essentiellement à instruire les enfants pauvres. Je veux parler de la fondation du caissier des bois, Théodore Gehre, qui tint le milieu entre l'école primaire et l'école secondaire, et que les pasteurs et les professeurs de l'Université cherchèrent par jalousie à détruire. Partagé entre sa sympathie pour une entreprise vraiment philanthropique et la crainte d'^autoriser un dangereux précédent, peut-être de favoriser un hétérodoxe, Frédéric avait commencé par interdire l'école en 1700, mais il avait en même temps recommandé à la