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SORT DES CATHOLIQUES

Les catholiques, un moment menacés de représailles, furent en somme partout laissés en possession de leurs églises et couvents. Les jésuites du Saint-Tilleul, près de Rastenbourg, en Prusse, ne furent pas plus persécutés que ceux du duché de Clèves, ni que les abbés et chanoines du pays d'Halberstadt. Sans doute, en 1708, un conflit éclata avec le pape : celui-ci ayant poussé la ville de Cologne à empêcher le résident prussien Diest de faire célébrer chez lui le culte calviniste, Frédéric maintint le droit de son représentant, et ses troupes d'Italie entrèrent un moment sur le territoire du Saint-Siège. Mais l'affaire s'arrangea, grâce à l'intercession de l'électeur palatin et de son conseiller, Agostino Steffani, évêque de Spiga. On a vu les espérances du P. Vota au sujet d'une conversion possible du roi; bien qu'elles eussent été déçues. Vota continua à entretenir les meilleurs rapports avec la cour de Prusse : il vint, en 1709, célébrer à Potsdam une messe solennelle, en présence des trois rois de Pologne, de Prusse et de Danemark, et on songea ensuite à lui confier l'inspection des couvents et églises du royaume (I). Les exigences du pape ayant fait échouer le projet, il fut repris par Steffani, qui se flatta d'obtenir un vicariat apostolique en Basse-Saxe et fit pour cela en 1711 le voyage de Berlin. Le remuant ecclésiastique fut assez bien reçu par Printzen, Blaspeil et Otto de Plotho : ce dernier, dans un mémoire du 11 octobre 1711, préconisa même l'idée de créer un vicaire général catholique, sujet du roi. Ilgen et son maitre s'y opposèrent, et l'optimisme de Steffani, qui ne voulait pas croire le cas « désespéré » , se trouva injustifié. Frédéric I" était résolu à garder dans ses États la suprême autorité, au spirituel comme au temporel; il l'avait prouvé en mainte circonstance, comme lors de l'élection en 1705-1706 d'un nouvel abbé, Célestin, à Werden, sur la frontière ouest du comté de Mark. Cela ne l'empêchait pas de se montrer étonnamment tolérant pour l'époque. La preuve, c'est la situation favoraJble des

(1) Cf. A. B., Russlancl, R. XI, conv. 20, et R. IX, Polen, n 27 hh, 3-7.

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