L'ADMINISTRATION PROVINCIALE
mais la réforme ne fut pas alors complètement réalisée. L'administration provinciale ne subit ^ère de changement : elle conserva, ainsi que l'administration centrale, une foule d'organes aux attributions enchevêtrées, ce qui provoquait force conflits de compétence. D'une manière générale, comme il n'y eut pas toujours des gouverneurs fSiatthaherJ, ou que ce furent pour la plupart de grands dignitaires exerçant une sinécure (soit des princes de la Maison électorale, soit des officiers supérieurs, les Derfflinger et les Flemming) , les régences (RegierungenJ demeurèrent à la tête des divers territoires, pour l'administration, la police et la justice (1). Elles commençaient toutefois à perdre de leur autorité administrative, vu le développement des chambres des domaines et des commissariats, tandis que des cours de justice et des consistoires leur enlevaient même une partie de leurs attributions judiciaires et ecclésiastiques. C'est ainsi qu'en octobre 1688 elles furent avisées de n'avoir plus à se mêler de ce qui concernait les domaines, et que la régence de Magdebourgse vit ôter en mai 1691 les procès des paysans dans les Aemtern. En face des nouveaux bureaux, plus étroitement reliés au pouvoir central, les régences, que présidait d'ordinaire un chancelier, restaient le refuge de l'esprit particulariste et routinier; le privilège d'indigénaty introduisait quantité d'éléments du terroir, bien que l'électeur le violât souvent : les États de Prusse ne se plaignirent-ils pas en 1694 qu'on eût conféré l'indigénat à plus d'étrangers dans les cinq dernières années qu'auparavant en un siècle ! L'activité des tribunaux auliques, des consistoires, des chambres des domaines et des commissariats s'accrut sous l'administration de Danckelman ; son frère, Daniel Ludolf, commissaire général de guerre après Grumbkow, développa particulièrement les commissariats de province, malgré la résistance des États, en Prusse notamment et à Magdebourg. Un haut directoire des contributions (Obersteuerdirekiorium), établi à Magdebourg
(1) Dans la Marche électorale (Kurmark), il n'y avait pas de régence; le conseil secret en tenait lieu.