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LES ARTS

L'électeur-roi protégea les beaux-arts dans ses États comme il avait protégé les sciences et les lettres. Peut-être même fit-il davantage de ce côté, poussé non seulement par le désir d'ajouter ainsi à l'éclat de son règne, mais encore par une certaine compétence d'amateur qui lui permettait plus d'initiative. Admirablement secondé par Sophie Charlotte, il appela en Brandebourg une pléiade d'artistes étrangers; bien plus ! il réussit parfois à susciter dans la pauvre « sablière » des vocations heureuses. Architecture, sculpture, peinture, musique, furent tour à tour l'objet de ses soins. Il avait d'ailleurs préparé les voies, en créant une Académie, et en acquérant des curiosités, des œuvres d'art et des moulages, destinés à la fois à servir de modèles et à affiner le goût.

Danckelmann songea, dit-on, le premier, à instituer une Académie, qui serait une sorte d'Université pour l'enseignement des beaux-arts ; deux peintres, le Hollandais Augustin Terwesten et le Bernois Joseph Werner, contribuèrent avec le sculpteur Schliiter à réaliser le projet. L'Académie s'ouvrit en juillet 1G96. Toutefois les statuts, rédigés par Werner, furent modifiés au temps de Wartenberg, et ne devinrent définitifs qu'en 1699 : au-dessous du protecteur, Wartenberg, un directeur nommé pour un an devait surveiller les quatre recteurs, les professeurs et adjoints, en même temps que contrôler les dépenses. L'enseignement comprenait le dessin, la perspective, l'architecture, la géométrie et Fanatomie ; il n'était question ni de bosse, ni de peinture. Le nombre très restreint des leçons (vingt par semaine) était d'ailleurs tout à fait insuffisant. L'Académie servit moins à former des élèves qu'à encourager des amateurs et à attirer des artistes désireux de se perfectionner.

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