MESURES D'ORDRE ECONOMIQUE
parurent pas : les dépenses Je la Maison royale continuèrent à être exorbitantes (plus de 421 000 thalers, soit environ 1500 000 livres, en 1711-1712); la cassette paya, l'année d'après, plus de 1 7 1 000 thalers en bijoux, objets d'or et d'arjjent, ou portraits; il fallut augmenter un peu partout les tarifs de V accise, et reviser en 1712 l'ancien rôle douanier; il fallut mênne prendre 100 000 thalers dans la caisse de guerre pour subvenir à la détresse de la province de Prusse. Le renvoi du haut commissaire Kraut ne put remédier à des maux, dont il n'était guère responsable. Du moins, grâce à l'accroissement du produit des domaines et des impôts, le déficit fut enrayé. Sophie de Hanovre exagérait quand elle prétendait qu'à Berlin on était endetté « par dessus les oreilles » , et le roi avait raison de soutenir en septembre 1712 que ses finances n'étaient pas aussi malades qu'on le croyait, qu'il se trouvait même avoir des avances (im VorschossJ. Jamais les emprunts n'avaient été très considérables (pas plus de 2 millions de thalers, soit 7 millions 1/2 de livres, pendant tout le règne) , et les subsides étrangers devaient couvrir la dette, qui resta essentiellement wwe àeiie flotianie . La situation financière n'avait donc rien de trop inquiétant à la mort du roi.
L'agriculture, l'industrie et le commerce étaient plus compromis. La grande enquête faite en 1710-1711 avait constaté des ruines affreuses et un déclin général de l'activité économique ; il y avait de ce côté une œuvre de longue haleine à accomplir; elle ne pouvait être qu'ébauchée en deux ans. La Prusse proprement dite venait d'être ravagée par la peste, le typhus et la famine ; la population y était décimée, l'agriculture désolée. La commission des domaines de 1711 se mit avec zèle à repeupler les Aeniter, à remanier le cadastre et l'assiette de l'impôt foncier; le «rétablissement» de la Prusse était commencé. Dans les autres provinces, on chercha également à venir en aide aux cultivateurs : d'une façon générale, les domaines furent désormais affermés par vastes étendues, avec des baux de six ans; on traitait avec de gros fermiers qui