COMMERCE, INSTRUCTION, RELIGION
recouraient ensuite pour l'exploitation à des sous-fermiers. Quant à l'industrie et au commerce, ils ne furent l'objet d'aucune réiorme essentielle; ils continuèrent à décliner plutôt, sous le régime de la protection. On vit péricliter la fabrication des draps dans la Marche et celle des toiles à Minden, tandis que le commerce sur l'Elbe était paralysé par les douanes et péages; une sorte de congrès conunercial, réuni à Lenzen en 1711, échoua parce que Kameke n'osa sacrifier la douane de celte localité, qui rapportait bon an mal an 18 000 thalers; après cela, le résident Burchard était-il fondé à se plaindre des exigences de Hambourg: pour son droit d'échelle! Le commerce extérieur ne prospérait pas plus que le commerce intérieur : le Danemark refusait de céder Saint- Thomas, aux Antilles; les comptoirs d'Afrique végétaient, malgré l'intérêt que le roi leur portait et dont témoigne une lettre écrite, quatre jours avant sa mort, au résident Bonnetà Londres.
Il n'y a pas grand'ciiose à dire de l'instruction publique durant les dernières années de Frédéric I". Le piétisme favorisait le développement de l'enseignement à tous les deg^rés, mais l'enseig^nement primaire faisait peu de progrés : les établissements scolaires étaient rares, surtout en Prusse, et même l'ordonnance déjà citée (de janvier 1712), qui enjoignit à chaque villag^e prussien d'envoyer un ou deux enfants à l'école durant l'hiver, ne pouvait être observée. Dans le domaine religieux, le roi continua jusqu'à sa fin à affirmer sa profonde piété par ses ordonnances sur le respectdu dimanche et son zèle à bâtir des églises. L'ardeur de ses convictions n'avait d'ég^ale que sa tolérance : non seulement il intervint partout en faveur de ses coreligionnaires, priant encore de son lit de mort la reine Anne d'intf rcéder auprès de Louis XIV en faveur des protestants français, mais il laissa à ses sujets catholiques une liberté étonnante pour l'époque ; les relations de l'évêque Steffani en font foi. Peut-être, si le pape avait consenti à reconnaître sa dignité royale, aurait-il accepté la création d'un vicariat apostolique dans l'Allemagne du Nord.