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EDUCATION DE FREDERIC GUILLAUME

avait une haute idée de sa responsabilité, et fit preuve jusqu'à sa mort, en 1703, de conscience et de bonne volonté, sinon de dons réels de pédagogue.

Frédéric Guillaume a plus d'une fois médit de sa mère. Il lui a reproché tantôt sa légèreté, tantôt son indulgence pour les écarts de conduite : tout enfant (en 1699), il s'indignait qu'elle pût traiter les galanteries de bagatelles, et qu'elle s'en allât fumer après dîner avec Mme Des Alleurs, la femme de l'ambassadeur français, et avec Mlle de Pœllnitz, " la très belle et charmante déesse nocturne v , qui partageait ses plaisirs. Ce qui est certain, c'est que Sophie Charlotte cherchait surtout à agir sur son fils par l'affection et par la douceur, qu'elle se flattait d'apprivoiser ainsi le sauvageon, d'affiner le petit rustre, de lui inculquer son goût pour les lettres et pour les arts. Elle lui demandait des efforts personnels, comme en témoigne cette appréciation de ses lettres en 1702 : «J'aime mieux en recevoir une écrite mal de votre façon que si vous copiez après un autre, et c'est le moyen d'apprendre à écrire " . Elle ne réussit ni à lui faire aimer la lecture, ni à lui faire apprendre le piano ou la danse, ni à le rendre doux et obéissant, mais Dohna pouvait avec raison, après sa mort, le 12 février 1705, écrire au jeune Frédéric Guillaume : « elle vous a aimé tendrement » ; et le kronprinz fut assez affecté au premier moment par la perte de « sa très chère et très honorée mère " , pour se croire «> inconsolable » .

Le père, autant que le permettaient la majesté de son rôle et l'égoïsme sacré qui en découlait, s'est intéressé également au prince électoral; il a rédigé, non sans y mettre la forme pompeuse qui lui était chère, l'instruction donnée à Dohna en janvier 1695 ; il a assisté aux examens solennels qui avaient lieu de temps en temps. Résolu à rester toujours en contact avec le gouverneur et les maîtres, il désirait avant tout voir l'enfant s'attacher aux vertus qui conviennent à un grand prince. La piété, dans le cadre de l'Église réformée, était mise au premier rang, ainsi que le culte de l'honneur. Le programme des études comportait essentiellement la connaisn. 19

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