ÉDUCATION DE FRÉDÉRIC GUILLAUME
sance du latin, celle de l'histoire, surtout de l'histoire du Brandebourg et de la Prusse, celle du français et des mathématiques. Les progrès furent très lents, et Rebeur le constatait à sa première entrevue, le 8 mai 1697 : le prince ignorait les déclinaisons latines et se rappelait une seule des sentences qu'on lui avait apprises : Timor domini est iniiium sapientiœ; il ne savait combien il y a d'heures dans la journée ou de mois dans l'année, et ne pouvait compter jusqu'à dix; il ne lisait même pas couramment. En somme, il avait appris uniquement jusque-là (i comme un perroquet, sans que ni son esprit ni son imagination y aient eu aucune part » . Rebeur JBt de son mieux pour réparer le temps perdu, et suivit plus tard le plan d'éducation tracé par Dohna en 1701 dans le Règ^lemeni pour les heures de dévotion, d'étude, d'exercice, de Mgr le prince royal de Prusse.
L'emploi du temps est minutieusement réglé, depuis le lever à six heures jusqu'au coucher, à dix heures du soir au plus tard : la toilette du matin est encadrée entre une courte prière à genoux et une prière plus longue en allemand, terminée par le Notre Père, avec lecture de la Bible et chant d'un psaume. L'étude du matin commence par le catéchisme, suivie trois fois par semaine d'une heure d'équitation de dix à onze ; leçon de danse, toilette et visite aux parents de onze heures à midi. L'après-midi est partagée entre le piano et la flûte, l'écriture, l'histoire et la géographie, et le latin, jusqu'à six heures ; après quoi vient une nouvelle visite aux parents ou une promenade. Souper de sept à huit; puis, avant le coucher, promenade en été, jeux dans la chambre en hiver.
Le zèle de Rebeur porta assez vite des fruits : dès le 7 septembre 1697, l'électeur en était agréablement surpris, lors d'un examen en présence de Dohna, Barfuss, Fuchs et Spanheim. En mars et septembre 1705, Sophie de Hanovre vantait le style de son petit-fils, en allemand et en français : il écrivait notamment dans cette dernière langue « aussi bien que possible » , comme si la feue reine l'inspirait. Toutefois, l'instruction de Frédéric Guillaume qui parait avoir cessé