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CARACTÈRE DE FRÉDÉRIC GUILLAUME

après la mort de Rebeur (le prince avait alors quinze ans) ne fut jamais qu'une instruction élémentaire. On s'en rend compte en feuilletant ses cahiers d'exercices de langues, d'histoire et de géographie, de lecture ou de calcul. Des voyages aux Pays-Bas, en 1700 et en 1704-1705, complétèrent les leçons de Rebeur, et quand Dohna eut été remplacé en octobre 1704 par le major-général Finck de Finckenstein, un de ces hommes de guerre de l'époque qui avaient servi un peu partout, bataillant danp tous les camps et aimant la guerre pour elle-même, le prince royal se développa presque uniquement par la pratique du monde, le commerce de sa jeune femme Sophie Dorothée, épousée en 1706, elles expériences militaires de ses campagnes jusqu'en 1712.

Enfant difficile et turbulent, Frédéric Guillaume donna beaucoup de mal à ses gouvernantes et à ses précepteurs. Tout petit, il déchirait ses vêtements ou voulait se jeter par la fenêtre quand on le punissait; plus tard, il effraya son entourage par ses violences. Les notes de Rebeur en font foi. <i II commence à se défaire de ses emportements » , remarque le maître, le 24 août 1697, « il ne se roule plus par terre de désespoir, il ne bat plus de la tête contre les murailles, il ne vient plus à moi comme il le faisait au commencement, m'empoigner par le cou, comme s'il me voulait étrangler; il ne prend plus son épée pour se tuer, et ne me prie plus de le tuer... n C'était peu, à neuf ans ! Trois ans après, encore, le 15 juillet 1700, Rebeur recevait vingt coups de poing dans l'estomac et le visage; il avait beau faire pleurer à chaudes larmes son élève, au cours d'interminables réprimandes; l'habitude de rosser ses serviteurs était prise et ne devait jamais être perdue.

Cependant, lorsqu'il s'observait, c'était un enfant joli et séduisant. » On le fait passer pour fort bourru » , écrivait l'électrice Sophie en mai 1708, «mais il peut se rendre aimable quand il veut » . J'ai déjà cité son portrait flatteur par la même Sophie en 1700. Les toiles et miniatures, au Schloss et à Charlottenbourg surtout, qui représentent le petit prince

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