EXTÉRIEUR DU ROI
(notamment une miniature des frères Huaut, de 1700, et un portrait en David par Schoonjans, de 1702), permettent d'affirmer que la grand-mère n'exagérait pas : c'était, entre douze et quinze ans, un vrai chérubin, aux joues roses, aux yeux bleus, et aux cheveux blonds bouclés, si charmant qu'on a prêté à Guillaume III, en 1700, l'idée de l'enlever pour l'emmener en Angleterre et en faire son héritier. Les portraits postérieurs du kronprinz, en cuirasse d'ordinaire, avec une grande perruque dont les coques encadrent sa figure juvénile, prolongent cette impression que ne détruisent encore ni la médaille de Wermuth, frappée pour l'avènement de 1713, ni les premiers portraits du nouveau roi par Weidemann et Pesne. Frédéric Guillaume n'avait sans doute pas dans le visage, comme le prétend Fassmann, « la beauté de sa mère, la mine héroïque de son grand-père et la majesté des yeux de son père " , mais il rappelait par certains traits à la fois son père et sa mère.
Il s'épaissit ensuite, et sa taille, plutôt moyenne (5 pieds 5 pouces d'après Morgenstern, ce qui fait à peu près 1 m. 75), sembla i» médiocre » , à cause de sa corpulence. Son aïeule Sophie le disait, à vingt ans, « grand comme l'électeur " de Hanovre, le futur George I" d'Angleterre. Pœllnitz, qui le vit souvent au cours du règne, et l'a dépeint à plusieurs reprises, dit dans une lettre rédigée sur des impressions de 1717-1718, et faussement datée de juin 1729 : " Ce prince est d'une taille médiocre et a beaucoup d embonpoint » . Il répète la même appréciation dans les Mémoires, publiés en 1791, en ajoutant qu'il avait le front " relevé » , les yeux grands, pleins de feu, ordinairement tristes et sévères, riants lorsqu'il le voulait; le nez bien fait et proportionné au visage n dont le tour était parfait» ; un beau teint qu'il avait en vain tenté de gâter: Frédéric Guillaume, en effet, était blond « malgré lui » , comme on l'a dit (1). et chercha toujours à se donner une couleur plus mâle, en se mettant de l'huile sur
(1) Cf. Lavisse, La Jeunesse du Grand Frédéric, p. iOO.