‹ Histoire de PrusseChapitre 230 sur 410 · INCROYABLE ABSOLUTISME · texte numérisé non relu

INCROYABLE ABSOLUTISME

à sa guise » fnach meiner Pfeife tanzen), sinon il les fera « pendre et rôtir » , comme le tsar fait pour ses sujets, les traitera en rebelles, et agira en « tirang » ; il les condamne à douze mois de forteresse pour l'exemple, car il veut une obéissance aveugle (hlinden GehorsamJ . n J'ai " , s'écrie-t-il le 5 novembre, de commandement dans mon armée et ne veux pas laisser de commandement à un millier de sales barbouilleurs de papier fcacramentze BlakistenJ; je serais un misérable si je tolérais pareille chose! >• Ces paroles menaçantes ou exagérées annoncent le mot d'avril 1716 sur sa souveraineté, établie « comme un rocher de bronze " , et la célèbre consigne qu'il a sans cesse lancée à son peuple : « défense de raisonner! » fnicht raisonniren ! ) On s'explique la terreur de ceux qui reçoivent de lui un ordre et ne savent comment l'exécuter : c'est l'histoire, ridicule et atroce à la fois, du général von Glasenapp qui a fait arrêter des ouvriers récalcitrants; le roi, au dire de Morgenstern, ordonne de pendre le meneur avant sa venue, le lendemain, et ne pouvant découvrir le coupable, ne sachant à quel saint se vouer, effaré, le général fait pendre un malheureux, choisi « parce qu'il a les cheveux rouges » ! Un roi qui parle ainsi et trouve des subalternes pour agir de la sorte, a installé dans ses États un régime autocratique, tel qu'on l'a vu seulement dans les monarchies orientales ou sous le « tsarisme » le plus effréné.

En possession d'un pareil pouvoir, Frédéric Guillaume voulut l'exercer pour les moindres choses. Il déclara de bonne heure à ses ministres qu'il entendait être instruit du plus petit détail, et il permit à ses sujets de s'adresser directement à lui : c'est par milliers qu'on rencontre dans les documents ses réponses aux questions de ses ministres qui devaient être libellées « en peu de mots, avec nerf» , et auxquelles il répliquait de même ; c'est par milliers que, le matin, à la parade, il reçut durant son règne les suppliques de ses sujets, revêtues de la mention « en main propre de Sa Majesté »; il y répondait à sa manière, sur un ton incisif, et " ne laissait languir personne » . Gomment ne s'est-il pas

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