‹ Histoire de PrusseChapitre 233 sur 410 · PRINCIPES DE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

PRINCIPES DE GOUVERNEMENT

1722, texte plein de conseils pour le « cher successeur » , visà-vis duquel il emploie un ton singulièrement affectueux, texte parfois naïf, mais qui témoigne en même temps de nobles scrupules de conscience, et qu'un grand historien allemand contemporain, SchmoUer, a pu regarder comme le « fait nouveau « , propre à amener la revision définitive des anciens jugements portés sur le Roi Sergent.

Trois idées principales, outre celle de son pouvoir absolu, semblent l'avoir guidé dans l'administration intérieure de son royaume : en premier lieu, celle de l'ordre, de la discipline, du travail, qu'il devait imposer à ses sujets; en second lieu, celle de l'économie, source et condition nécessaire de la prospérité; en troisième lieu, celle d'une forte organisation militaire, indispensable à la sécurité et aussi au développement légitime de ses possessions.

La première maxime n'est pas formellement inscrite dans le testament de 1722, mais elle y est constamment sousentendue; on peut dire qu'elle est à la base de l'administration de Frédéric Guillaume, l'autorité et le labeur du souverain ayant pour corollaires naturels l'obéissance et le labeur des sujets. L'instruction de décembre 1722 pour l'établissement du Directoire général donne un aperçu suggestif des exigences du maître à l'égard de ses serviteurs : les ministres doivent être exacts, appliqués, attelés sans cesse à leur tâche, car (I si nous payons nos conseillers, c'est pour qu'ils travaillent » . De tous, des nobles comme des bourgeois, du ministre le plus influent comme du plus humble fermier, le roi exige le même dévouement à son service. La noblesse n'a de valeur et ne mérite d'être honorée que si elle sert le roi (à l'armée de préférence) ; en janvier 1726, refusant de laisser un jeune Wallenrodt prendre du service en France, Frédéric Guillaume justifiait ainsi sa décision : « Le roi de Prusse vaut le roi de France ; par conséquent, le jeune homme peut bien servir son seigneur » , Le service royal prime les autres, et même il exclut tous les autres : un ordre du 20 août 1725 aux Chambres des finances et des domaines interdit aux fonctionnaires

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