‹ Histoire de PrusseChapitre 235 sur 410 · PASSION D[J MILITAIRE · texte numérisé non relu

PASSION D[J MILITAIRE

certaines dépenses de construction dans les domaines : il faut, dit-il, tout arranger pour que nous recevions de nos fermiers « l'argent convenu, et non d'interminables comptes de bâtisse » . Il surveille la rentrée des fermages au terme fixé, comme celle des impôts; si l'argent est « accroché » (haftej quelque part, le Directoire le retrouvera et appliquera les remèdes nécessaires. Il est d'ailleurs indispensable de faire rendre à tout davantage, de produire « un plus « (ein Plus machenj, comme il Ta répété à satiété, et de ne pas dépenser un pfennig sans y avoir bien réfléchi (article X) . L'économie a pour objet, en même temps que l'enrichissement du royaume, le paiement plus régulier des fonctionnaires en bonnes espèces; tout le monde y trouvera donc son compte.

Cette économie permettait d'entretenir l'armée. Frédéric Guillaume croyait, suivant Mauvillon, qu'un État n'a besoin que « d'économies et de soldats ■ . Avant son avènement déjà, il avait souvent exprimé ses sympathies pour » les bonnes gens de guerre » (1708); sa partialité était telle qu'elle inquiétait son père, qui écrivait à l'électrice Sophie : « Ce n'est pas assez d'être un soldat" . Frédéric Guillaume pensait le contraire; il le fit voir dès qu'il fut roi. « Sous Frédéric I"» , a dit le Grand Frédéric, non sans une forte exagération, «Berlin était l'Athènes du Nord; sous Frédéric Guillaume, elle en devint la Sparte. Tout ce gouvernement fut militaire... » Les contemporains ont unanimement noté le fait, depuis la margrave de Baireuth jusqu'au baron de Pœllnitz : la première a constaté que pour conserver les bonnes grâces du roi, il fallut endosser le casque et la cuirasse, et que a tout devint militaire » ; Pœllnitz a assisté aux parades de Potsdam et déclaré que Frédéric Guillaume mettait avant tout son amour-propre à avoir de belles troupes, et bien disciplinées. N'avait-il pas du reste en partie fixé sa résidence à Potsdam, parce qu'il y avait installé son régiment de grenadiers que Berlin refusait de loger ! Le roi considéra presque tout du point de vue militaire, portant sans cesse l'uniforme, s'entourant d'officiers, et ne s'intéressant guère qu'à eux, mé-

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