‹ Histoire de PrusseChapitre 236 sur 410 · TESTAMENT POLITIQUE DE · texte numérisé non relu

TESTAMENT POLITIQUE DE

prisant les civils, les barbouilleurs de papier (BlakistenJ, affichant son dédain pour la plume jusqu'à feindre par moments de ne pas savoir écrire. En 1726, il rencontre sur la frontière de Hollande le Suisse Haller et lui demande s'il veut servir; sur sa réponse négative, il lui tire son chapeau, et s'éloigne en lui criant : " Bonne chance ! » Il conseilla particulièrement à son successeur de rendre son armée toujours plus formidable, seul moyen d'être recherché par les autres puissances et de « tenir la balance en Europe » .

Aux principes généraux, très simples et rarement formulés, se sont ajoutées pour l'administration du royaume certaines règles spéciales, nées de l'expérience et applicables à chaque province en particulier. Le testament politique de 1722 est un document typique à cet égard. Le roi y passe en revue ses possessions, signalant leur situation matérielle et la mentalité propre aux habitants, d'où découlent la nature et l'étendue des ressources ou des services qu'on peut demander au territoire ou aux « vassaux » .

En Prusse orientale, i^ très beau et grand pays, et très fertile " , les gens font d'excellents fonctionnaires, grâce à leur entendement; il faut les surveiller, car ils sont faux et rusés ; du moins, « avec une bonne parole, on fait d'eux ce qu'on veut » , et s'ils conviennent peu pour les affaires économiques et financières, ils sont parfaits « dans l'armée, dans les négociations, et dans les collèges de justice » . Les privilèges provinciaux ont été extrêmement gênants, mais à présent tout dépend du roi «sans raisonner» , à condition toutefois d'avoir l'œil sur les membres des grandes familles, encore attachés aux vieilles libertés polonaises, de les employer à l'armée et de placer leurs fils parmi les cadets : ils ne connaîtront ainsi d'autre seigneur que Dieu et le roi de Prusse.

En Poméranie, les domaines sont en meilleur état qu'en Prusse; on peut en améliorer encore la gestion; les vassaux du pays sont « fidèles comme l'or » ; ils raisonnent parfois, mais on n'a qu'à imposer sa volonté, ils obéissent.

Dans les Marches, il en est généralement de même. Dans

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