‹ Histoire de PrusseChapitre 237 sur 410 · REVUE DES PROVINCES ROYALES · texte numérisé non relu

REVUE DES PROVINCES ROYALES

la Nouvelle Marche et dans la Prieg^nitz, les g^ens se plaignent constamment; il n'y a qu'à ne pas y faire attention, c'est une habitude locale. Dans la Marche de l'Ucker et la Moyenne Marche se trouvent les sujets les plus fidèles et les plus obéissants; on doit chercher à y accroître le revenu des domaines et des forêts, La Vieille Marche seule renferme de méchantes gens, d'humeur indisciplinée et « revéche " : il faut leur tenir « le pouce sar les veux » et les dépayser, en montrant à leurs nobles arrogants (les Schulenbourg, les Alvensleben, les Bismarck) qu'ils sont des vassaux et ne peuvent partager l'autorité avec leur seigneur.

Le duché de Magdebourg et la principauté d'Halberstadt ressemblent fort à la Vieille Mai'che ; peut-être même les nobles y sont-ils pires. Les domaines y sont en bon état, ainsi que les salines et mines.

Dans les provinces de louest, enfin (Minden, Ravensberg, Tecklembourg, Lingen, Clèves-Mark, Haute-Gueldre), la situation économique est plutôt satisfaisante, mais les habitants sont têtus et incommodes : dans le duché de Glèves et le comté de Mark, ils sont « malicieux comme le diable " , à cheval sur leurs privilèges, prodigues; ils ne savent que boire comme des bêtes. Dans le comté de Mœrs, ils sont plus hollandais que prussiens; en Gueldre, plus impériaux. Il faut les surveiller et les bien traiter : élevés à Berlin, leurs fils feront de bons et capables fonctionnaires.

La revue des provinces a pour fin essentielle d'élever au maximum le rendement de la terre et des hommes. Le produit des domaines et des impôts doit être accru régulièrement par une administration, uniquement soucieuse du résultat à obtenir; quanta l'emploi des hommes, il est régi par certains principes importants. Frédéric Guillaume recommande à la fois de choisir des gens capables et laborieux, et, d'autre part, de les dépayser, c'est-à-dire de les employer en dehors de leur province. Ces serviteurs du roi doivent être des protestants (réformés ou luthériens), fidèles et honnêtes, ayant des têtes « ouvertes » (offerte Kœpfe), sachant manier la plume.

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