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34 JUSTICE ET POLICE

et mesures (ordonnance de 1693) ou de la vente des victuailles, à l'établissement de cafés et auberges pour les voyageurs (ordonnance du 24 octobre 1697), ce qui était bien nécessaire, au dire des contemporains. Elle intervient sans cesse, à tout propos et hors de propos, dans les moindres détails de l'existence : elle surveille les voyages à l'étranger, interdit le port de l'épée aux gens de métier, écoliers, apprentis, bourgeois du commun, pages et laquais (1688-1689), expulse les juifs non pourvus de lettres de sauvegarde, malmène les domestiques et sujets, selon la rigueur des édits, fait observer les lois somptuaires ; telle cette ordonnance du 7 avril 1696 sur les habillements dans les festins, noces, baptêmes et enterrements, qui va jusqu'à interdire le velours et la soie aux petits bourgeois et artisans, à fixer le nombre des plats autorisé dans Les fêtes de famille, à proscrire les broderies, les galons et boutons d'or ou d'argent, sauf à la cour, à limiter le luxe des dessous (1) .

Si la police est tracassière, la justice est souvent aveugle et cruelle. Au civil, l'usage des épices (Sporteln) permet au coupable d'acheter l'indulgence du juge ; au criminel, l'arsenal des peines est terrible, et on songe plutôt à en augmenter la rigueur. Ainsi il est ordonné de joindre toujours la fustigation au bannissement (2 septembre 1689) et de ne bannir qu'à vie (1690; ; la règle, il est vrai, ne fut pas observée. L'adultère reste un crime, puni d'ordinaire du bannissement ou des travaux forcés à temps; parfois, surtout si l'un des époux intercède pour celui qui l'a trahi, la peine est commuée en une amende (de -40 à 50 thalers, ce qui parait peu). L'homicide entraîne régulièrement la mort, avec des ^ariantes plus ou moins barbares : pour l'infanticide, c est la mort par immersion dans un sac, avec un chien, un coq et un chat, à moins que par faveur on n obtienne à la place la décapita-

(1) On trouve des règlements spéciaux, même j)Our de petites villes, comme Zehdeniek en Brandebourg, où en mars 1690, sur la demande du bourgmestre, l'électeur interdit l'usage abusif de faire des cadeaux à tous les invités dans les mariages. Cf. A. B., R. 21, n 185.

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