ASSISTANCE PUBLIQUE. — ARMÉE
tion; le supplice de la roue et celui du bûcher sont réservés à certains forfaits abominables. Le vol est cbâtié par la fustig^ation, le bannissement ou les travaux forcés; on voit une malheureuse servante de dix-sept ans condamnée en 1690 à cette dernière peine, pour avoir volé à la cour deux assiettes en étain ! La torture est fréquemment employée à l'instruetion, et les prisons se multiplient : celle de Spandau, où l'on est soumis aux travaux forcés (les femmes à la filerie, Spin7ihaus) , apparaît déjà comme une des plus dures (1). Certaines formes subsistent qui rappellent le moyen âge : tel le serment d77?/e(/e, par lequel un condamné jure de ne jamais chercher à se venger de ses juges ni de ses ennemis. Le duel est toujour-? assimilé à un crime : un nouvel édit (de Gœlln, 6 août 1688) punit de mort les adversaires, par le glaive ou par la corde, suivant leur condition.
Les sévérités de la justice ne sont que faiblement compensées par quelques progrès de l'assistance publique. L'administration de Danckelman est pourtant signalée par l'attention accordée à l'hygiène, aux hôpitaux et aux orphelinats, soit à Cœlln, soit à Oranienbourg, soit à Potsdam; le ministre est aidé dans cette tâche par Ezéchiel de Spanheim et le pasteur Jablonski, nommés l'un président du collège de médecine, en 1692, l'autre inspecteur de Ihospice des veuves et orphelins à Potsdam, en 1694.
L'armée est naturellement l'objet de soins particuliers, à une époque où le Brandebourg prend part à la grande guerre, dite de la Ligue d' Augsbourg. Selon le mot de Frédéric II, les subsides sont pour elle comme « le thermomètre » qui règle son niveau. Réduite à 25 000 hommes en 1688, elle atteint au milieu de la lutte le chiffre de 40 000 hommes, pour redescendre au lendemain de la paix à celui de 23 000 environ (2). Peu de réformes y sont alors introduites. On doit
(1) Je n'ai trouvé mention de femmes condamnées à la filerie de Spandau qu'à partir de décembre 1687. Cf. A. B., R, 21, n 138-6.
(2) Des Alleurs dit même 16320 seulement, en septembre 1698. Cf. A. E., Corr. de Brandebourg, t. XXXVI.